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K.D. retrace nos accidents d?avion

10 septembre 2008, 20:00

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K.D., des initiales ayant, dans les années 1980 et 1990, fait trembler des politiciens, ministres de préférence, ou rugir de colère ceux d?entre eux ne pouvant supporter qu?un simple journaliste puisse se permettre de relever insolemment leur incompétence, leur manque d?intelligence parfois chronique. Il s?y connaît en aviation civile et en îles lointaines, Chagos de préférence, ce qui n?est pas à la portée de n?importe qui. Cela lui vaut d?ailleurs de solides et de persistantes inimitiés, surtout quand certains s?amusent, un quart de siècle après, de relever ses remarques les plus judicieuses. Il sait faire flèche de tout bois et sait utiliser judicieusement des éléments de la brûlante actualité pour partager utilement son immense savoir des faits et gestes locaux.

Ainsi, il rebondit sur le fatal accident d?avion à l?île d?Ambre (voir l?express du 28 août 2008) pour rappeler les cinq précédents accidents d?avion. Sa puissance de compilation, de rappel et de synthèse fait que le moindre de ses articles peut prendre valeur de référence historique. Il est de ceux dont on cherche mais en vain qui pourrait éventuellement le remplacer, entre autres, dans la presse mauricienne.

Le premier des accidents d?avion, retracés par lui, concerne un avion De Haviland Dragon Rapide. A la fin des années 1940, il effectue des voyages d?agrément entre Plaisance et Mont-Choisy. Des problèmes de freinage à l?atterrissage l?envoient, un beau jour, percuter une voiture, s?étant imprudemment rapprochée de cette piste d?atterrissage en terre battue. Avis donc aux pique-niqueurs, pas seulement dominicaux, qui se tiennent sur la trajectoire des avions pour les voir atterrir à Plaisance.

Nous en voulons pour preuve, le deuxième accident de la série. Nous sommes à la fin d?août 1960, un Super Constellation, plutôt massif, de Qantas, rate son décollage et s?écrase en bout de piste. On ne compte heureusement aucun blessé si ce n?est une dame qui se brise la cheville, en sautant hors de l?avion en feu. Elle regagnera son pays le mois suivant, accompagnée de Josette d?Hotmans de Villiers.

Le troisième accident est encore l??uvre de la Qantas, ou plus exactement d?un de ses ingénieurs, posté à Maurice et qui meuble ses heures de loisir entre deux avions, en bricolant un «autogyro» mi-avion, mi-hélicoptère. Il essaye son engin sur la piste de Plaisance. Une de nos mouches jaunes choisit le moment précis du décollage pour prendre place à l?intérieur du casque du pilote. Situation cornélienne que de devoir choisir entre l?attention due au contrôle de l?appareil et cette guêpe paniquant entre casque et crâne. L?appareil s?abîme sur la bananeraie voisine. Le pilote n?est pas blessé mais piqué au vif. L?appareil a droit à l?obituaire classique en l?occurrence : total loss.

Le quatrième concerne déjà la famille Lagesse et ses Cessna. Nous sommes en avril 1976. Claude Lagesse confie son appareil à un visiteur étranger, prétendant savoir piloter. Sa malheureuse tentative d?atterrissage sur l?île aux Cerfs prouvera le contraire. Les Lagesse doivent faire leur deuil de leur Cessna 172. A la mi-mars 1980, Air Grand-Baie réclame Rs 650 000 à ce prétendu pilote.

Le cinquième accident aérien a un caractère plus officiel. A la fin de mars 1981, l?hélicoptère de la police s?écrase à Salazie. K.D. ne le dit pas mais les langues se délient après coup et les plus méchantes d?entre elles insinuent qu?il ne s?agit pas du premier atterrissage en catastrophe de cet appareil. Elles font mystérieusement référence à un précédent au milieu de palmes de cocotiers. Des occupants auraient voulu, allèguent-elles, s?approcher au plus près de visiteuses étrangères, bronzant, au Morne, dans le plus simple appareil. Il ne s?agit, heureusement, que de langues de vipère, ne jouissant d?aucune crédibilité.

Le sixième accident rapporté concerne celui survenu à l?île d?Ambre. K.D. en profite pour régler ses comptes techniques avec certains journalistes. Il avoue ne pas comprendre comment ceux-ci ont pu parler du Cessna 3BNAA comme d?un bimoteur, alors qu?il s?agit d?un monomoteur biplace. L?erreur (confondre moteurs d?avion et passagers) est, en effet, impardonnable. Le souligner publiquement l?est tout autant. C?est s?exposer à de tenaces rancunes journalistiques. La pire de toutes.

Complétons la liste accidentelle de K.D., en mentionnant un crash d?avion à Addis Abeba, à la mi-avril 1972, dans lequel trouve une fin tragique un couple mauricien. Il y a aussi un accident d?avion en Inde, au début d?août 1979, dans lequel périssent plusieurs étudiants mauriciens.

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