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Karo Kalyptis : une perquisition révolte les habitants
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Karo Kalyptis : une perquisition révolte les habitants
Grande agitation hier matin à Karo Kalyptis, Roche-Bois. Les habitants de la localité ne mâchent pas leurs mots pour exprimer leur révolte, considérant que la police a commis un acte illégal. Ils affirment qu?une équipe de l?Anti-Drug & Smuggling Unit (Adsu) est entrée de force dans une maison de ce quartier en l?absence du propriétaire pour les besoins d?une perquisition. La tension est montée provoquant une altercation entre les forces de l?ordre et les habitants du quartier.
L?opération policière a néanmoins permis la saisie de cinq doses d?héroïne saisies et deux arrestations pour possession de drogue. Deux autres personnes appréhendées étaient recherchées pour des délits de vol avec violence.
Il est 10 heures hier à Karo Kalyptis. C?est le train-train quotidien. Chacun vaque à ses occupations. La musique joue à fond dans deux bicoques. Des enfants en âge d?être scolarisés déambulent dans les sentiers. La bière coule à flots à proximité d?une tabagie.
Cette routine se voit interrompue une vingtaine de minutes plus tard par le vrombissement de motos. Ce sont deux motards précédant un convoi de la police, dont des pelleteuses de la Special Mobile Force (SMF). Ils interviennent après le briefing tenu au quartier général de l?Adsu par le responsable de cette brigade, l?assistant commissaire de police, Ramparsad Sooroojbally.
Sur place, les éléments de l?Adsu donnent aussitôt l?assaut. Ils sont fortement encadrés par des éléments de l?Engineer Squadron de la SMF et ceux de la Special Supporting Unit (SSU), armés jusqu?aux dents. L?opération de police qui s?effectue alors s?insère dans le cadre de l?assainissement de l?environnement de la localité, en collaboration avec les ministères de l?Environnement et des Infrastructure publiques. La police veut également combattre toutes les activités illicites.
Des maisons sont perquisitionnées simultanément. Le bruit de bottes retentit dans les allées boueuses. Des habitants jettent des regards menaçants sur chaque mouvement des policiers.
Les badauds affluent
Une femme recroquevillée et le visage ensommeillé, ne semble guère se soucier de cette présence inhabituelle. Alors que le nombre de badauds croît sur les lieux, certaines femmes s?attellent à leur tâche quotidienne. L?une d?elles fait sa lessive alors qu?une autre transporte un bac à linge sur sa tête. Le coin a un air insalubre: des couches pour bébé traînent de part et d?autre dans les sentiers.
Alors que l?opération est en cours, les remarques fusent. ?Moi mo pa kas latet. Fer roule mem?, lance une femme en tenue légère. Elle est rejointe par deux autres femmes habillées de la même manière. Une autre femme qui accoste les policiers leur lance : ?Eh bann misie pena ene sigaret ??
Durant une heure et demie, les hommes de la SMF enlèvent des détritus amoncelés et démolissent des structures inoccupées. Peu après 11 heures, Marie-Anne Ravina, 47 ans, fait son entrée en scène. Elle est avertie par téléphone que la maison de son fils, Jean Rousse Augustin, un marchand ambulant de 32 ans, a été forcée. Au moment du raid, il se trouvait chez un médecin avec son enfant.
Marie-Anne Ravina est dans tous ses états. Elle lance des quolibets aux officiers de l?Adsu. Elle invite ses voisins à faire l?état des lieux de l?intérieur de la maison de son fils. La petite pièce en tôle est dans un désordre indescriptible. Les cadenas des deux portes sont arrachés. Des meubles sont abîmés et la porte donnant sur l?arrière-cour est défoncée.
C?est le déclic. Proches et amis de Jean Rousse Augustin laissent exploser leur rage. L?un d?eux écrase une bouteille de bière. Ils identifient l?équipe de l?Adsu qui serait, selon eux, responsable. Ils désignent deux policiers. Les échanges qui suivent sont virulents. Dans les deux camps, on est sur les nerfs. Les insultes n?arrêtent plus.
Un officier de la SSU interpelle vivement un homme qui fait des gestes obscènes en direction des policiers et policières de la SSU. Au même moment, la musique joue à fond l?air de de Kim Wild, Self control, presque en face du lieu de l?altercation. La tension est à son comble. Dans la bousculade qui s?ensuit, des hurlements se font entendre. Les différentes unités déployées à Karo Kalyptis se replient sur le lieu même de la confrontation. La présence d?un chien de la police ne passe pas inaperçue.
La démonstration de force ne semble guère apaiser les esprits. L?assistant surintendant de police (ASP) de l?Adsu, Pierre Murugan, chargé de cette opération, intervient avec tact. Il réussit à ramener le calme. Entre-temps, Vinod Appadoo, assistant commissaire de police et responsable de la SSU, a son cellulaire collé à l?oreille. Il informe les Casernes centrales de la situation. Un hélicoptère de la police survole la région.
L?ASP Murugan rassure les habitants. La police doit continuer son travail. ?Ton Pierre ou, ou konpran?, déclarent des résidents à l?officier Murugan. Ce dernier demande au conducteur d?une pelleteuse de ratisser un tas d?immondices à l?entrée même de Karo Kalyptis. Mission accomplie vers 12 h 05. Le groupe d?intervention au complet quitte le quartier apaisé.
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