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K. Bhayat : Je n?étais pas invité à la réunion démission
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K. Bhayat : Je n?étais pas invité à la réunion démission
Dans la presse dominicale du 27 mars 1983, Kader Bhayat s?explique : Mes détracteurs développent une tactique pour m?associer au PSM pour que je passe pour un traître envers le MMM. En octobre 1982, ils braquent leurs projecteurs sur lui et l?accusent de torpiller la réforme économique du ministre des Finances, Paul Bérenger. En mars 1983, ils l?accusent de s?accrocher à son fauteuil ministériel. Il se veut toujours politicien mais politicien-serviteur du peuple. Nul besoin d?être député ou même ministre pour servir le peuple. Il n?est pas rancunier. Bérenger étant Bérenger, il sait qu?il ne pourra le changer. Il se dit toutefois atterré par ce qui se passe. Pendant la campagne électorale, le MMM a fait des promesses. Des promesses qu?il doit tenir après son arrivée au pouvoir. La classe politique se montre exécrable à l?égard du peuple admirable au moment du vote.
Kader Bhayat explique ce qui s?est passé le mardi 22 mars. Un policier l?informe que les ministres MMM sont réunis dans la Committee Room N° 2. Il s?y rend et rentre dans la salle. Bérenger lui dit qu?il n?est pas convié à cette réunion mais que si personne ne s?y oppose, il pourra prendre place. Il répond que, s?il n?est pas invité, il n?a pas sa place et s?en va. C?est avec la plus grande stupéfaction qu?il apprend plus tard que les participants préparaient leur démission.
Il révèle qu?il y a toujours eu un problème entre le MMM et le PSM au sein du premier gouvernement Jugnauth. Il s?assigne la mission de colmater les brèches et non de les élargir. Il se veut homme de dialogue et de compromis. Il sait les médisances colportées sur son compte à l?effet qu?il serait devenu plus Boodhoo que Boodhoo.
Il récuse toute accusation voulant que le ministre des Finances n?a pas eu le soutien voulu de la part de ses collègues ministres. Bérenger a obtenu la collaboration totale du Conseil des ministres pour l?envoi de la Letter of Intent et du Statement of Current Policy au FMI et à la Banque mondiale.
Il récuse également l?assertion voulant que son refus de démissionner est sa revanche sur certains militants. Il a toujours su que quand on veut faire de la politique, il faut accepter de côtoyer des gens n?épousant pas forcément certaines manières ni certaines visions de la vie et de la société. Le politicien doit accepter les hommes comme ils sont.
Gaëtan Duval est d?avis que l?erreur la plus grossière de Bérenger est de s?être querellé avec Kader Bhayat qu?il sait être proche de la masse. Celui-ci refuse de se prononcer sur ce commentaire duvalien. Il avoue ne rien regretter de ses 13 ans de militantisme actif. Kader Bhayat ne pense pas que le communalisme soit pour quelque chose dans la crise du 22 mars 1983. En revanche, il pressent que celle-ci inaugure un retour en force du communalisme sous sa face la plus hideuse. Le politicien, tout comme le footballeur évoluant au stade George V, a le devoir de ne pas inciter qui que ce soit à la haine raciale ou religieuse. Le communalisme dans le peuple n?est que le reflet des attitudes des hommes politiques.
Il ne voit aucune vague de violence raciale à l?horizon. Il sait les Mauriciens sages et circonspects. Il refuse de dramatiser les dérapages du 24 mars 1983 aux Quatre-Bornes. Il refuse le terme de gouvernement transitoire. S?il y a un remaniement ministériel, il y aura un autre gouvernement mauricien possédant les mêmes pouvoirs que le premier gouvernement d?Anerood Jugnauth. Il refuse en tout cas de participer à un Janata Party à la mauricienne, comprenant Jugnauth-PSM-PTR-PMSD-MPM, autrement dit la future alliance Bleu Blanc Rouge. C?est du moins ce qu?indiquent des propos recueillis par... Reza Issack.
A l?express, Kader Bhayat indique que les nouveaux dirigeants politiques de Maurice démontrent un manque de maturité politique. Charitablement, il prend comme possible excuse que certains nouveaux ministres puissent être surmenés après seulement neuf mois au pouvoir. Poêlon trop chaud ! Les priorités en tous cas sont inversées. La priorité des priorités doit demeurer le développement du pays. Toutes ces crises gouvernementales entraînent une déstabilisation de la population. L?île Maurice ne mérite pas ce qu?on lui fait en mars 1983.
Sans être un activiste des plus ardents, il se félicite de l?estime que lui portent la plupart des militants. Il a toujours été parmi les trois premiers élus du comité central. Il trouve ridicule la proposition de Bérenger que le MMM se retire du gouvernement et laisse le soin à Harish Boodhoo, devenu Premier ministre, de former un gouvernement.
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