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A. Jugnauth : Après le 11 juin 82, des MMM ne veulent plus du PSM

18 février 2008, 00:00

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Février 1983, nouvelle lézarde dans la façade mauve du MMM. Cette nouvelle déchirure porte, cette fois-ci, la marque d?Anerood Jugnauth. Et conformément à son tempérament, il ne va pas avec le dos de la cuiller et sait appeler un chat un chat. L?occasion de régler ses comptes avec ses détracteurs, au sein du parti dont il est le président, lui est donnée, lors d?un meeting à Triolet. Il allègue qu?au sein du MMM, on cherche à rabaisser le ministre de l?Intérieur pour mieux monter au pinacle celui des Finances. Il le prouve en faisant allusion à un forum de la MBC/TV (de Gaëtan Essoo) où, curieusement, on rend la police du ministre de l?Intérieur responsable des lacunes du law and order mais où l?on passe sous silence les douaniers du ministère des Finances, alors qu?ils sont responsables de toute la drogue qui entre en contrebande dans le pays. Il accuse Gaëtan Essoo d?être «ène bourrique».

Anerood Jugnauth révèle que, dans la semaine qui suit le 60-0 du 11 juin 1982, des militants du MMM font pression sur lui, Premier ministre, pour qu?il chasse le PSM de son gouvernement. La motivation de cette trahison à l?égard d?un allié loyal est d?une noirceur encore plus grande. Anerood Jugnauth dresse un doigt accusateur en direction des députés mauves, n?ayant pas été choisis comme ministres. Leurs vils desseins sont d?une accablante clarté : cinq ministres PSM en moins, voilà notre chance de devenir ministres ! On verra si les militants visés auront ou non le courage de démentir leur Premier ministre.

D?aucuns brossent volontiers un portrait d?Anerood Jugnauth, hostile à l?alliance avec le PSM, avant le 11 juin 1982, attribuant à Paul Bérenger la main tendue à Harish Boodhoo, expulsé du PTr par, allègue-t-on, le trio Ringadoo-Jagatsingh-David. En février 1983, Jugnauth tient un autre langage. Sans le PSM, il n?y aurait pas eu de 60-0, le 11 juin 1982, mais une victoire mauve avec quelques sièges de majorité. Ceux-ci, quel que soit leur nombre, auraient été insuffisants pour contrer, à coup sûr, une énième tentative du Parti travailliste de s?accrocher au pouvoir, en achetant le nombre requis de consciences (?) politiques, en faisant miroiter devant les transfuges mauves potentiels la carotte d?un portefeuille ministériel, auquel ils ne peuvent prétendre au sein du MMM où ils ne siègent pas au sein du front bench.

Jugnauth fait savoir que le jour qu?il sera convaincu que son allié et partenaire, le PSM d?Harish Boodhoo, ne joue plus le jeu gouvernemental ni ne respecte le principe de la responsabilité collective, il n?hésitera pas une seconde à se passer de ce parti politique. Mais tant qu?il ne sera pas convaincu du contraire, nul ne pourra l?obliger à révoquer les ministres du PSM, surtout pour favoriser des intérêts aussi égoïstes et arrivistes.

Anerood Jugnauth se lance également dans une diatribe en règle et dont il a le secret contre le FMI et la Banque mondiale et leurs émissaires à Maurice. Il affirme connaître par c?ur leur philosophie financière ultralibéraliste en faveur du grand capital mondial. Il les accuse de n?être aucunement des entreprises philanthropiques et d?avoir pour seuls objectifs la garantie absolue du remboursement des prêts qu?ils accordent parcimonieusement, au besoin en exigeant des pays emprunteurs l?application de mesures allant à l?encontre des ti-dimounes. Il les compare à des usuriers et à des casseurs. Il refuse de se mettre à genoux devant eux et encore moins de leur lécher les bottes. Il ne peut empêcher certains de ses ministres de leur faire des promesses (N.B. allusion à peine voilée en direction de Paul Bérenger) mais qu?ils ne comptent pas sur lui, pour que son gouvernement entérine leur docilité, qu?il qualifie de trahison à l?égard des ti-dimounes.

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