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Joyce Dauphin : Des douceurs pour recommencer à zéro

3 janvier 2007, 00:00

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Un concentré d?énergie qui déboule, sourire aux lèvres. La cuisson des sablés n?attend pas. Joyce Dauphin vous guide vers son local loué. Pas une pâtisserie de luxe. Mais il faut un début à tout. Et il y a des ingrédients de taille : l?envie de réussir et le goût du travail bien fait.

Pas encore de publicité. Si ce n?est la meilleure : le bouche à oreille. Sans oublier l?arôme de ces gâteaux à la sortie des fours qui titille le sens olfactif des habitants du Camp-Goolbar à Chemin-Grenier. ?Souvent alléchés par la forte odeur de pâtisserie, les gens m?interpellent par la fenêtre : Madam ki gato ou ena ??

A la voir si pétillante, qui l?imaginerait, il y a peu, en femme endettée à l?avenir morose ? La douleur d?être licenciée après 19 ans de service dans le textile a été balayée. A pris place la battante. ?Le textile et la pâtisserie sont deux mondes différents. Mais je n?ai jamais rechigné au travail. Quand on est dans une impasse, il ne faut jamais se renfermer sur soi.?

Aujourd?hui, entourée de Santee Barossee, 55 ans, et de Marina Mohun, 51 ans, faisant partie de son entreprise, elle mène son commerce encore à ses balbutiements. La première fait du porte-à-porte pour vendre et Marina reste aux fourneaux. L?ambiance est bon enfant. ?Nous sommes unies dans l?adversité. A leurs âges et avec mes 42 ans, je pensais que c?était foutu de retrouver du travail. Or, il suffit d?avoir de la patience, de la motivation et de la bonne humeur. Nous avons retrouvé notre âme d?enfant.?

Elles ont pu compter sur la solidarité des villageois et même du pâtissier du coin. Quand une essence leur fait défaut, elles frappent aux portes de la Pâtisserie Rialto où Siddick Rahimbaccus les accueille à bras ouverts. ?Le soleil brille pour tout le monde?, a-t-il coutume de dire. Ce dernier n?est pas non plus avare de conseils pour Joyce, l?autodidacte. Elle n?a suivi que 84 heures de cours à l?Ecole hôtelière de l?Industrial and Vocational Traning Board.

Mais le plaisir de cuisiner pour les autres est là. Petite fille, elle adorait malaxer la pâte à gâteau. Mariée, elle était fascinée par sa belle-mère qui confectionnait de très bons gâteaux. ?C?est un peu elle qui m?a initiée.? Joyce Dauphin regorge d?idées novatrices mais attend les nouveaux cours qui lui seront dispensés grâce à l?Empowerment Programme pour les concrétiser. Pourquoi pas des gâteaux à base de fruits tropicaux qui s?aligneront aux classiques napolitains et puits d?amour ? Sa tarte à la mangue a déjà beaucoup de succès. Chut ! Elle ne tient pas en dire trop. Après les madeleines de Commercy, les bêtises de Cambrai, le plum pudding, il se murmure qu?une spécialité de Chemin-Grenier verra le jour.

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