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José Desvaux s?en est allé

14 décembre 2004, 00:00

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On s?y attendait un peu, c?est vrai. Mais l?annonce de la mort de José Desvaux a forcément jeté un froid au sein de notre rédaction sportive. Non pas parce que ses dribbles endiablés hantent encore nos souvenirs. Non, là n?est pas la raison. D?ailleurs, à une ou deux exceptions près, personne, à l?express-sport, n?avait eu la chance de voir jouer un jour Jose Desvaux.

C?est que nous n?étions pas de la même génération. Lui, c?était hier. Et hier, c?était l?âge d?or de notre football, ces belles années rouge et noir qui berçaient les rêves de nos aînés, ces années Fire Brigade qui enflammaient notre bon vieux George V chaque week-end.

Nous, on se contente des miettes. De ce match au sommet Port-Louis-Pamplemousses qui, dimanche, n?a attiré que 187 spectateurs par exemple. Pauvre nous.

Si l?annonce de la mort de José Desvaux a ému notre rédaction, c?est que nous avons tous compris, hier, qu?une page de l?histoire de notre football se tournait pour de bon. Après France Martin, Régis Jean et Linghum Pillay, la fatalité a donc rattraper le quatrième et dernier diament brut de la défunte Fire Brigade. Et il va désormais falloir se contenter de ce que racontent nos archives pour ne pas oublier ce que fut hier, pour ne pas mourir idiot comme dirait l?autre. Car Desvaux se plaisait à conter sa Fire Brigade aux plus jeunes. Désormais, il ne parlera plus.

Pour beaucoup, Desvaux était ?le plus grand de tous?, honneur qu?il partageait, dépendant des susceptibilités des différentes générations, avec Régis Jean et Jean-Marc Changou.

C?est au milieu des années 60, à une époque où le souvenir de Régis Jean perdurait encore, que José Desvaux est arrivé à la Fire Brigade en provenance de Western United. Il a tout de suite gagné les coeurs des milliers de supporters du club, qui n?avaient d?ailleurs d?yeux que pour lui.

?José Desvaux a été un des plus grands joueurs de ce pays. Il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas le reconnaître?, m?avait un jour témoigné Mamade Elahee, qui l?avait eu sous ses ordres en sélection. ?C?était un technicien pur et stylé, un Brésilien dans l?âme. Ses passes étaient d?une précision chirurgicale, ses dribbles savoureux. Le ballon était son jouet?.

La grande spécialité de José Desvaux, c?était l?hélicoptère. Des deux pieds, il faisait basculer le ballon par-dessus la tête, de l?arrière à l?avant, l?amortissait et s?en allait porter le danger dans la surface adverse. Du très grand art. ?Même les professionnels de passage chez nous en étaient hébétés. Ils ont essayé mais n?ont jamais pu l?imiter?, poursuit Mamade Elahee.

José Desvaux aurait pu, aurait dû allait tenter sa chance dans un grand club européen. Mais il n?a pas su gérer sa carrière, ne donnant pas suite à des offres de Southampton, de Tottenham et de Lille. A défaut, il s?est contenté d?un transfert à la Réunion, à l?US Bénédictine.

José Desvaux avait 63 ans. Ses funérailles ont eu lieu hier après-midi en l?église Saint-Sacrément de Cassis. A sa famille, en particulier à son fils Julien, coureur cycliste à l?Equipe régionale de Port-Louis, nous transmettons nos plus vives sympathies.

Pour le reste, adieu José. Et merci d?avoir été. Le tout dit au nom d?un pays qui t?a abandonné dans tes vieux jours et qui ne méritait peut-être pas de t?avoir vu naître.

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