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Johnson Roussety menace de démissionner
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Johnson Roussety menace de démissionner
«Je suis prêt à remettre ma démission sur une question de principe. A l?heure où je vous parle (NdlR : 15 h 43 hier), j?ai déjà pris tous mes effets personnels. Si je n?ai pas encore démissionné, c?est parce que j?attends la décision du conseil exécutif de vendredi pour écouter l?avis des autres commissaires», déclare, très amer, Johnson Roussety, le chef commissaire de Rodrigues. Il justifie cette décision par le fait que «le gouvernement central n?a pas respecté l?autonomie de Rodrigues ».
Johnson Roussety attendait hier une réponse officielle du secrétariat du ministère des Finances pour payer l?allocation de mauvais temps aux pêcheurs suite à la motion votée par la majorité à l?Assemblée régionale, mardi. Le chef commissaire dit avoir compris que le ministère avait référé toute l?affaire au parquet avant de prendre une décision.
«Je demande à ceux qui sont concernés par cette décision de prendre leur responsabilité en déléguant quelqu?un dans l?île (?) pour expliquer aux 2 000 personnes les raisons qui ont motivé la décision de ne pas respecter une décision prise par une majorité de l?Assemblée élue démocratiquement par le peuple rodriguais.» La motion porte sur le maintien du versement de l?allocation en guise de supplément, et le rejet de la division par zones pour son paiement, décidée par le cabinet en juin 2006.
Il affirme que la majorité des membres élus du Mouvement rodriguais (MR) a accompli son devoir dans l?esprit de l?autonomie pour répondre aux attentes du peuple. «Mais à observer de près, certains veulent toujours diriger Rodrigues à partir de Port-Louis. Je compte alerter l?opinion internationale sur la manière dont on traite les élus de l?Assemblée régionale.»
«J?appose ma signature toutes les semaines pour les ré-allocations de mauvais temps», dit Johnson Roussety pour donner la réplique à Rajoo Vithilingem, avocat et ancien clerc à l?Assemblée régionale. Celui-ci avait donné son point de vue dans l?édition de l?express d?hier sur cette motion controversée : «C?est une erreur que de croire qu?on peut déroger aux provisions budgétaires approuvées par le ministre des Finances et par l?Assemblée (nationale). En cas de ré-allocation, l?aval du ministre des Finances doit être obtenu.»
«Pourquoi cet entêtement»
De son côté, Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie et de la Pêche, a réitéré hier son opposition au vote de cette motion. Il demande au chef commissaire de cesser de jouer à la provocation car ce n?est pas dans son intérêt. «Mon collègue le ministre des Finances et moi avons fait comprendre au chef commissaire à travers des rencontres et des lettres qu?il doit respecter la décision du Conseil des ministres, qui est une instance suprême. Outre cette démarche, le ministère de Rodrigues a également interdit de présenter cette motion. Alors pourquoi donc cet entêtement ?»
Par ailleurs, se basant sur les échos qui lui sont parvenus autour de cette affaire, Johnson Roussety dit craindre que «Rodrigues devienne un brasier si le gouvernement refuse de payer cette allocation». Certains doivent assumer leur responsabilité «si les enfants meurent de faim au non de la République de Maurice».
REACTION
Bérenger propose une solution juridique
■ Le leader de l?opposition a commenté, hier, les développements intervenus à Rodrigues en proposant une issue juridique. Selon lui, il faut s?en remettre à la justice pour préciser les limites de l?autonomie. «Il y a deux façons concrètes de sortir de la crise actuelle à Rodrigues», suggère Paul Bérenger dans une déclaration à «l?express». Premièrement, au cas où le gouvernement refuse de décaisser les fonds pour payer les allocations de mauvais temps, un pêcheur rodriguais peut, en tant que partie lésée, présenter une motion en cour pour contester cette décision. Deuxièmement, le gouvernement peut solliciter la Cour suprême pour donner son avis sur l?interprétation des pouvoirs légaux de l?Assemblée régionale.
Le leader de l?opposition qualifie de «choquante» la teneur de la lettre adressée par un secrétaire permanent au président de l?Assemblée régionale. Celle-ci interdisait la présentation de la motion. «Je me demande s?il n?y a pas eu outrage.» Il a transmis au téléphone, hier, au Premier ministre et au chef commissaire de Rodrigues, son analyse de la situation. Il s?est dit désolé de constater l?interprétation que donne le parti au pouvoir à l?autonomie.
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