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John McCain, la persévérance récompensée

30 août 2008, 00:00

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Indépendant, parfois même électron libre, le sénateur de l?Arizona John Sidney McCain, ancien combattant du Viêtnam, va réussir là où il avait échoué en 2000 face à George Bush : être désigné candidat républicain à la présidence.

S?il l?emporte le 4 novembre face à son rival démocrate Barack Obama, il sera l?élu le plus âgé à entrer à la Maison-Blanche, puisqu?ila fêté hier ses 72 ans.

Partisan de longue date de la guerre en Irak, il avance à contre-courant de l?opinion publique américaine, devenue hostile à ce conflit, mais cela ne paraît pas, pour l?heure, le rendre impopulaire, contrairement à George Bush.

McCain doit être désigné officiellement candidat lors de la convention de son parti qui s?ouvre lundi dans le Minnesota.

Peu d?observateurs auraient prédit il y a un an un tel succès pour le sénateur de l?Arizona. Après avoir connu des difficultés financières l?été dernier, il avait failli renoncer à se lancer dans la course à la Maison-Blanche. Au début des primaires, en outre, il ne faisait absolument pas figure de favori, les sondages donnant un net avantage à l?ancien maire de New York Rudolph Giuliani.

Après un début de campagne tonitruant pour Obama, McCain, qui avait affirmé il y a quelques mois préférer la position d?outsider, a rattrapé son retard et a été crédité pour la première fois de cinq points d?avance dans un sondage Zogby diffusé le 20 août. Mais ce n?est pas, dans sa vie, la première fois qu?il revient de loin.

Né le 29 août 1936 dans une base militaire de la zone du canal de Panama, John McCain a suivi les traces de ses aînés ? son père et son grand-père étaient des amiraux quatre étoiles ? en intégrant l?Académie navale américaine. Devenu aviateur dans la Navy, il est envoyé au Viêtnam, où il frôle la mort lors d?un tir accidentel à bord d?un navire de guerre américain.

Lors de sa 23e mission de combat au-dessus du Viêtnam, en 1967, son avion est abattu. Gravement blessé, fait prisonnier, McCain passe cinq ans et demi en captivité, dont deux en situation de confinement total. Il est fréquemment battu, torturé.

Lorsqu?il est libéré en 1973, il est décoré à son retour aux Etats-Unis par le président Richard Nixon en personne. Son mariage prend rapidement fin. Il se remarie et décide de se lancer en politique.

Élu pour la première fois à la Chambre des représentants en 1982, il remporte son premier mandat de sénateur en 1986.

<B>Franc tireur</B>

Politiquement aussi, John McCain revient de loin. En 2000, il brigue une première fois l?investiture républicaine pour l?élection présidentielle et donne des sueurs froides à son adversaire de l?époque, George Bush, en remportant la première primaire organisée dans l?Etat du New Hampshire avec une avance de 18 points, puis celles du Michigan, de l?Arizona, de Rhode Island et d?autres...

Eliminé de la course après avoir été victime d?une campagne de dénigrement d?une rare violence en Caroline du Sud, il doit se contenter de son siège de sénateur et attendre son heure.

En 2004, Bush briguant un second mandat, McCain soutient résolument le président sortant. Le candidat démocrate John Kerry, qui est son ami, veut le détourner du camp républicain pour en faire un colistier d?«ouverture», mais l?intéressé rejette l?offre.

Au fil des années, McCain a acquis une réputation de franc tireur, d?indépendant, mais des constantes se dégagent quant à la ligne qu?il suit.

Ainsi défend-t-il des positions libérales en matière économique et s?oppose-t-il au droit à l?avortement comme au mariage entre homosexuels. En 1998, il a tenté sans succès d?imposer une nouvelle législation pour réduire le tabagisme des mineurs mais s?est heurté à la fronde d?une partie de son camp. En outre, il défend le bien-fondé de la peine de mort ou s?oppose à un durcissement des contrôles sur les armes à feu.

McCain défend farouchement l?impopulaire guerre en Irak au moment où le soutien d?une grande partie de l?opinion publique flanche. Il a cependant critiqué la conduite du conflit en faisant valoir notamment que le pays n?aurait pas dû entrer en guerre sans une véritable stratégie, pavé dans la mare de celui qui était secrétaire à la Défense au début du conflit, Donald Rumsfeld.

Il s?oppose à l?établissement d?un calendrier de retrait des troupes américaines par le Congrès car un tel calendrier «fixerait à coup sûr la date de la capitulation», dit-il. Il a effectué en mars dernier une visite éclair à Bagdad, pour souligner l?importance que revêt cette guerre à ses yeux, et a salué les progrès enregistrés selon lui grâce à la nouvelle stratégie de sécurisation de la capitale irakienne.

Ce soutien à la guerre en Irak ne l?a pas empêché de s?élever vigoureusement contre le recours à la torture contre des militants d?Al Qaïda emprisonnés.

McCain choisit une femme</B>

John McCain a choisi la gouverneur de l?Alaska, Sarah Palin, comme colistière et candidate républicaine à la vice-présidence, a annoncé un haut responsable de la campagne du sénateur de l?Arizona. Le choix de Palin était relativement inattendu, et viserait à conquérir le vote des électrices déçues par le choix du candidat démocrate Barack Obama de choisir comme colistier Joseph Biden et non Hillary Clinton, comme beaucoup l?espéraient.

Palin effectue actuellement son premier mandat de gouverneur de l?Alaska. Elle est connue pour ses positions farouchement anti-avortement et son conservatisme fiscal.

Cette sportive confirmée de 44 ans, peu connue sur le plan national, pourrait apporter jeunesse et vitalité à la candidature de McCain. Ancienne maire de la ville de Wasilla, elle est devenue en 2006 la première femme gouverneur d?Alaska. Elle et son mari Todd ont cinq enfants, âgés de 4 mois à 18 ans. Le ticket républicain McCain-Palin sera opposé à la candidature démocrate Obama-Biden lors du scrutin présidentiel du 4 novembre.

«Elle sera sa partenaire pour réformer Washington», a déclaré le responsable de la campagne républicaine, qui s'exprimait sous le sceau de l'anonymat.

En révélant son choix hier, McCain espérait détourner l?attention de la convention démocrate, qui s?est achevée jeudi soir à Denver par le discours d?Obama.

Ce dernier a vivement attaqué McCain, qu?il a accusé de vouloir poursuivre la même politique que le président George Bush. «C'est un choix audacieux, qui désigne une conservatrice solide et une réformiste, qui sera accueillie avec enthousiasme par les délégués à Saint-Paul», dans le Minnesota, où s?ouvre lundi la convention républicaine, a déclaré le stratège républicain Scott Reed.

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