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Jeetah récuse les allégations de monopole sur le marché du fer
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Jeetah récuse les allégations de monopole sur le marché du fer
L?opposition croise le fer avec Rajesh Jeetah lors de la Private Notice Question (PNQ) hier à l?Assemblée nationale. Elle accuse le ministre du Commerce et de l?Industrie d?avoir favorisé la compagnie sud-africaine, Murray & Roberts, avec les récentes décisions de libéralisation des prix et de réduction tarifaire sur le fer de construction.
Le ministre Rajesh Jeetah a eu fort à faire pour contrer les nombreuses interpellations et critiques des membres de l?opposition. Ces derniers allèguent que ces mesures ont perturbé le marché et ont provoqué une pénurie de ce produit. L?opposition évoque aussi les risques de monopole qui se développent avec l?influence du fournisseur sud-africain sur la place.
Le ministre du Commerce réfute ces allégations et soutient que la libéralisation des prix favorise de nouveaux entrants. ?D?autres opérateurs sont intéressés à entrer dans ce business. La question de monopole ne se pose pas.?
?Accord entre deux entreprises privées?
Murray & Roberts a repris la semaine dernière les activités de Desbro International, qui était jusque-là le principal fournisseur de barres de fer dans le pays. Quelques jours après, le gouvernement annonce la libéralisation des prix et la baisse des droits de douane de 30 % à 15 % sur les produits importés.
La séquence de ces décisions est diversement interprétée. Selon l?opposition parlementaire, tout a été orchestré pour favoriser l?entreprise sud-africaine Murray & Roberts au détriment des fabricants locaux. Celle-ci, déjà présente dans une activité d?importation, va profiter de la baisse des tarifs douaniers.
?De toute façon, les droits de douane sur les barres allaient être enlevés entre 2008 et 2012. La taxe actuelle de 15 % a été décidée afin de protéger l?industrie locale tout en assurant un approvisionnement régulier sur le marché?, explique le ministre.
Il soutient que les décisions du gouvernement n?ont rien à voir avec la reprise des activités de Desbro International par la société sud-africaine. ?L?acquisition de Desbro par Murray & Roberts n?est pas le fait du gouvernement. Il s?agit plutôt d?un accord entre deux entreprises privées.?
Le ministre fait état des pourparlers entre les deux sociétés qui, dit-il, remontent à 2005. Un projet de partenariat stratégique avec, à la clé, une participation au capital de Desbro à hauteur de 50 % et un partage de responsabilité de management étaient à l?agenda. ?Il y a eu une demande au bureau du Premier ministre pour l?achat de 50 % d?actions.?
Critiques récusées
Cependant, avance Rajesh Jeetah, les discussions n?ont pas abouti et les deux compagnies ont mis un terme à l?accord en août dernier. En décembre 2006, Desbro a fait une requête auprès de Murray & Roberts pour rouvrir les négociations. Le 29 mars, Rogers, dont Desbro est membre, a signé un accord avec l?entreprise sud-africaine portant sur la vente de ses actifs à celle-ci.
L?opposition, par la voix de son leader, Nando Bodha, accuse néanmoins le ministre d?avoir mal géré le dossier du fer de construction depuis l?année dernière. ?Le ministre a causé, de par son incompétence, des instabilités sur le marché avec la prolifération des pratiques de ventes au noir et un approvisionnement irrégulier.?
Rajesh Jeetah a donné des indications sur les stocks de fer disponibles et à venir chez les différents opérateurs, afin de récuser les critiques anticipant une pénurie : Lam Po Tang a un stock de 3 000 tonnes de fer. Deux entreprises de construction, Rehm Grinaker et General Construction, ont passé des commandes de 1 600 tonnes de barres de fer. L?usine Samlo produit 60 à 100 tonnes de fer quotidiennement. Grâce à l?entrée en opération prochaine d?une nouvelle unité de production, elle sera en mesure de fournir 5 000 tonnes de matériau par jour. Joonas & Co. dispose actuellement de 300 tonnes de produit et attend des cargaisons de quelque 4 500 tonnes de fer importé d?ici fin mai.
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