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Jean Renat Anamah <I>L?envol moderne</I>

18 décembre 2004, 00:00

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Trois jeunes danseuses, prises sous l?aile du danseur contemporain mauricien Jean Renat Anamah, qui prendront leur envol dans le spectacle Trois filles dans le Vent, ce soir, au théâtre Serge Constantin, à partir de 16 heures.

Les trois jeunes filles en question, Emmeline Marimootoo, Celine Bellouard et Natassia Ga, seront accompagnées par la soixantaine d?élèves danseurs, âgés entre 5 et 15 ans, que compte aujourd?hui l?Ecole/Compagnie de danse Jean Renat Anamah.

Trois filles dans le Vent mettra donc en scène les trois danseuses, interprétant trois jeunes filles aux personnalités différentes et qui chacune leur tour iront à la recherche d?un monde idéal. Chacune leur tour, elles rencontreront Tizan.

«Chaque année, l?école met en scène une création avec les enfants, c?est un rituel annuel et l?on suit un cycle mis en place avec les enfants» explique Jean Renat Anamah, qui a chorégraphié Trois filles dans le Vent, «sauf sur certains solos ou nous avons travaillé l?improvisation avec certaines filles».

<B>LE GOÛT DES VALEURS</B>

Il poursuit, «de plus en plus les enfants vivent avec la télé et ont des images arrêtées sur la danse. C?est néfaste. Ici, les enfants nous emmènent dans leur danse, par leur créativité, l?épurement de leurs danses».

Le cursus de l?Ecole comprend du travail physique mais aussi technique ainsi qu?un atelier artistique, «un travail de longue haleine étant donné que les élèves ne répètent qu?une fois par semaine».

Et sachant que l?intérêt des jeunes à la danse contemporaine manque, il aura fallu aux élèves le courage et la persévérance. «Beaucoup d?enfants sont un peu blasés. Dès que l?on rentre dans la rigueur, hop, il y a trop de difficultés, ils font peu d?efforts. Mais c?est là aussi le but de l?école de danse, redonner le goût de l?effort, le goût aux valeurs», ajoute Jean Renat Anamah.

Autre problème, le manque cruel et incompréhensible de financement.

La présentation de Trois Filles dans le Vent, verra aussi la présentation d?extraits de la dernière création originale de Jean Renat Anmah, Monts et Amonts, «une écriture chorégraphique suivant les essences de la danse contemporaine, sur un questionnement de l'être longtemps écrasé par l'ère coloniale et qui cherche encore sa quête de monter», explique-t-il.

Cette nouvelle chorégraphie, dansée par Natasha Petit, Steeve Rambajhun etJean Renat Anamah, pourrait être présentée en intégralité en début d?année prochaine. Monts et Amonts a déjà été présenté à La Réunion en novembre.

«C?est déplorable, ma dernière création est déjà demandée sur le plan international mais les sponsors de Maurice ne répondent même pas à mes courriers. C?est un manque de regard envers les artistes. J?attends toujours des mécènes ou des sponsors. On doit se battre pour monter sur scène», s?insurge Anamah.

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