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Jean-Jacques Ravina : survivre ensemble
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Jean-Jacques Ravina : survivre ensemble
Son affection pour sa grand-mère lui a coûté sa carrière de footballeur professionnel. Jean- Jacques Ravina, 24 ans, de l?équipe mauricienne de Vacoas-Phoenix, a abandonné ce poste pour être plus près d?elle. La vieille dame, Laurencie Ravina, 72 ans, tombe souvent malade.
Le jeune homme reconnaît que ce n?est pas facile de vivre aux crochets de sa grand-mère, mais il n?a pas le choix pour le moment parce qu?il est au chômage. Détenteur d?un School Certificate, Jean- Jacques se bat pour survivre. Timide, il avoue que lui et sa petite famille, sa femme et un fils de six ans, se privent de viande et de lait pour la grand-mère. «Elle en a plus besoin que moi.» Ayant reçu des nouvelles de la maladie de sa parente, Jacques a remisé ses chaussures de foot pour être auprès d?elle. «On a toujours été ensemble, dans le bonheur comme dans le malheur, mon c?ur me reprochait de ne pas être à ses côtés.»
Il ne regrette pas d?être rentré à Rodrigues mais sa carrière s?est arrêtée. Le football lui rapportait de quoi vivre à Maurice. «Je vivais bien avec mon salaire de footballeur. Mais j?ai dû abandonner mon club pour retourner à Rodrigues. Ma concubine me donne un coup de main pour m?occuper de la grand-mère». L?ancien attaquant avait atterri au club de Vacoas-Phoenix à la suite d?une sélection des meilleurs footballeurs rodriguais. Il jouait à l?époque au centre de formation de l?île.
Il habite non loin de la mer, mais celle-ci n?est plus poissonneuse. Autre loi de la nature qui ne lui est pas favorable, le vaste terrain autour de sa maison est aride. Donc, pas cultivable. Il partage une case de deux pièces en tôle avec un cousin de 21 ans. Celui-ci est orphelin.
Jean -Jacques a essayé de voler de ses propres ailes, mais la cherté de la vie l?a vite rattrapé. Il avait commencé à étudier la plomberie à l?IVTB de Le Chou. Il a dû cesser sa formation par manque de sous. « Je ne peux pas payer le coût de la formation.»
Il sait cependant que ce sont les politiciens qui sont responsables du développement. C?est ce qui l?a poussé à aller voir le Chef commissaire, Johnson Roussety. «Je lui ai parlé des problèmes que je rencontre chaque jour. Je ne peux pas vivre indéfiniment aux crochets de ma grand-mère. Je pratiquais la pêche il n?y a pas longtemps. Il m?a conseillé de remplir des formulaire quand il y avait des avis de presse pour des postes vacants. Chose que je fais à chaque fois, mais je n?ai pas encore eu la chance de décrocher un emploi».
Sa passion pour le foot l?anime toujours. Il évolue actuellement dans la sélection de son village, au club de Baladirou, le favori de la deuxième division. Il a été présélectionné pour les jeux de Rodrigues, prévus en décembre, pour jouer dans la sélection de foot pour la région nord. Comme tout jeune, Jean-Jacques a son caractère. il n?aime pas qu?on lui impose certaines choses. Il a quitté son ancien boulot de storekeeper dans une entreprise locale pour cette raison. «Je n?aime pas être forcé quand je sais que ce que je suis en train de faire est correct ».
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