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Jean Cloux, l?autre Charoux
C?est comme s?il avait un double. Avec qui il s?amuse beaucoup. Côté pile, il y a Clément Charoux, le journaliste à convictions, le romancier récompensé. Son roman Ameenah remporte en 1938 le Prix des écrivains de langue française à l?étranger.
Côté face ? nous n?avons pas dit obscure ? il y a Jean Cloux. Pseudonyme crée à partir de C, L, les deux premières lettres de son prénom et O,U,X, les trois dernières de son nom. Pour littéralement enfoncer le clou. Sans méchanceté, mais avec une plume qui égratigne tout en prenant le soin de s?abriter derrière des noms fictifs. Ce qui n?enlève en rien les observations fines que ce soit sur le caractère, la mentalité et l?atmosphère de son époque.
C?est la fraîcheur de ces récits que la famille Charoux a décidé de partager à l?approche du 50e anniversaire de la disparition de Clément Charoux. Jean Cloux Mémoires et anecdotes de Clément Charoux 1887 ? 1959 vient de paraître aux Editions du Hecquet.
Ecrits inédits
Des écrits inédits retrouvés à la mort de son fils Hugues. Où sont conservés l?humour parfois féroce et la plume acerbe du père. Celui qui aima tellement la France, au point que lors d?un séjour là-bas, il ramassa de la terre du Bois de Boulogne, exigeant qu?elle soit mise dans son cercueil à sa mort. Ce qui fut fait, confirme sa dernière fille, Marie-Thérèse.
Jean Cloux exécutoire. Jean Cloux miroir. Tout y est. Etats d?âmes, état financier. N?allez pas croire que Jean Cloux manque d?humour sur sa propre personne. Bien au contraire. Il est le premier à se moquer de lui-même. C?est ce qui donne au récit ? la partie autobiographique ? du pétillant.
Billets informatifs
Balancé par l?aspect informatif de ses billets. Notamment quand il consacre des pages à La Dame et Le Poète. Elle étant Madame Adolphe Autard de Bragard, née Emmeline Carcenac et lui étant Baudelaire. Elle étant celle à qui il dédia le sonnet La Dame créole. On apprend doc sous la plume de Jean Cloux qu?en 1953 déjà, «il y eut des difficultés» quand le comité des souvenirs mauriciens décida de commémorer la visite de Baudelaire à «La Dame créole». «Les nombreuses habitations que comptait en 1841 le quartier des Pamplemousses avaient disparu», écrit-il. «On trouva dans la localité deux emplacements attribuables à M. de Bragard, ceux des propriétés Ile-de-France et Célina. Lequel des deux biens avait reçu la visite de Baudelaire ?» exemple donc parmi d?autres de l?«actualité» des écrits signés Clément Charoux.
PARCOURS
■ Auteur mauricien un peu oublié pour ne pas dire méconnu, Clément Charoux fut écrivain, journaliste et comptable, pour le compte de l?établissement sucrier Belle Vue Harel. L?auteur d?Ameenah est membre du cercle littéraire de Port-Louis, collaborateur régulier de l?Essor. Membre de l?Alliance française, il en devint le vice-président de 1926 à 1929. En 1938, il fonda la Société des écrivains mauriciens. Elle lui décernera son Grand prix de littérature en 1954. Né en 1887, c?est en 1904 que Clément Charoux publie ses premiers vers dans «La semaine illustrée» et «La Dépêche», avant de devenir reporter et chroniqueur à ce journal. Entre 1947 ? 48, il est rédacteur en chef de «La Vie Catholique» et directeur de la Librairie Catholique. En 1953 il réunit 40 articles publiés au «Cernéen» sous le titre Chronique du Pays Créole. Et publie son dernier ouvrage, Contes disparates en 1957. Il est mort le 6 juillet 1959.
LIBRE
Le baron Villiers-La bombe atomique Ernest Brouard
«To be or not to be»
■ Le Lundi 15 septembre, au matin, Jean Cloux et Jacques Le Vieux retrouvaient M.F.L. Morel aux bureaux de «Radical», au No. 6 de la rue Pope Hennessy. La nuit avait fortifié Jean Cloux dans ses résolutions. Il avait rêvé qu?un patron -- qui n?était pas journaliste ? arrondissait avec bienveillance ses appointements. Au réveil ce fut vrai. Au «Radical», L.Morel, tonitruant, attendait au haut de l?escalier de pierre. Il n?y avait pas grand chose à dire. En quelques minutes Jean Cloux recouvra sa liberté et le journal fut pourvu d?un nouveau directeur.
Sur l?initiative de M. Morel, un courrier fut rapidement délégué à l?arrivée du train de Curepipe. Il ramena un homme distingué et un bon journaliste, M. Villiers Hart de Keating, l?ancien patron de Jean à «La Dépêche» et que Jean Cloux devait retrouver au «Cernéen» plus tard. On ne pouvait faire choix meilleur. Jean Cloux hors de jeu était déjà parti. Le baron avait accepté sans faire de manières. L?éditorial de Jean Cloux parut ; signé de son successeur. Une heureuse mise en selle permettant l?augure de travaux paisibles. Jean Cloux le timoré rentré sous sa tente avant le combat.
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