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?Je veux être Premier ministre?
?J?ai l?ambition de devenir un jour le Premier ministre de mon pays à la tête d?un parti politique composé uniquement de femmes?. C?est ainsi que Shyanika Benimadhu, lauréate en économie au collège Queen Elizabeth à Rose-Hill, veut prendre sa place dans l?histoire de Maurice après ses études en Angleterre.
Classée 93e aux examens du Certificate of Primary Education en 1997 à l?école de Hugh Otter Barry, cette habitante de Rose-Belle n?a pas eu de peine à trouver une place sur les bancs du collège Queen Elizabeth à où elle réussit son School Certificate avec six unités et le Higher School Cerficate où elle est lauréate.
?Je voudrais voir plus de femmes s?engager dans la politique active et si j?ai la possibilité de voter cette année, ma préférence irait vers des personnes compétentes et qui ont des idées novatrices pour faire progresser le pays, peu m?importe dans quel camp elles se trouveront ou même si elles posent en indépendants?.
<B>Relancer l?économie</B>
Très attentive aux débats et aux propositions qui sont formulées par les politiques, les économistes et autres observateurs de la société mauricienne, Shyanika se joint à ceux qui sont en faveur d?un investissement massif de capitaux étrangers pour relancer l?économie mauricienne. ?J?y crois fermement. C?est un des moyens pour absorber le chômage et créer de l?emploi?.
Des démissions successives au sein du Mouvement Socialiste Mauricien (MSM), la lauréate n?en fait pas grand cas et ne veut pas s?y attarder. ?Il est temps que la femme mauricienne s?engage et participe activement pour transformer notre société?.
Etre lauréate dans une institution dominée par la compétition n?a pas été une mince affaire. ?On n?a d?autre choix. Il faut s?adapter et avec le temps vous finirez par vous convaincre que c?est une bonne source de motivation pour réussir dans les études?, dit Shyanika qui, paradoxalement, veut que tous les enfants aient accès à l?éducation sur un même pied d?égalité. ?A mon avis, il faudrait procéder d?abord par sélection, évaluer la capacité des élèves et à partir de là, les regrouper dans une seule classe où la compétition se vit à cent à l?heure?, suggère Shyamka.
Ayant occupé le poste de présidente de la Benevolent Society au collège Queen Elizabeth, la lauréate ne cache pas sa joie lorsqu?elle parle de cette expérience auprès de certaines institutions où ses condisciples et elles ont découvert un autre univers. Elle cite, en exemple, le bonheur partagé avec les orphelins d?une institution de Rose-Hill en donnant des cours d?anglais, et auprès des enfants du SOS village, à Beau-Bassin. ?C?étaient de grands moments de joie et de bonheur à chaque fois qu?on s?y rendait pour partager et découvrir la valeur de l?être qui n?a pas la même chance que nous?, dit-elle.
Très sensible à l?évolution de la société mauricienne, cette jeune fille, qui a été régulièrement suivie dans son parcours par son père, Shyam, qui est Principal Research Scientific à l?Agricultural Research Extension Unit et sa mère, enseignante au collège Lorette de Rose-Hill, reste optimiste pour la société mauricienne malgré le taux élevé de la criminalité et la recrudescence de la drogue à Maurice. ?Notre système d?éducation aurait dû mettre davantage l?accent sur les valeurs morales, comme c?est le cas dans certaines écoles, où l?on n?a pas peur d?aborder des sujets tels que le sida ou la toxicomanie par exemple?.
Fière d?être parmi les douze classées du collège Queen Elizabeth, Shyanika exprime toute sa gratitude à ses parents qui, n?ont jamais fait pression sur elle et à ses profs qui l?ont toujours guidée dans ses choix. La recette du succès ? Elle suggère aux aspirants lauréats de consentir à certains sacrifices et d?avoir confiance en eux, pas seulement pour réussir dans ses études, mais dans la vie aussi.
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