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?Je ne veux plus faire plaisir aux autres?

14 mars 2005, 00:00

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Il est à peine 14 heures. La finale du simple dames comptant pour le Tara Republic Open vient de s?achever. Assise sur un banc, Shama Aboobakar papote avec ses camarades de la sélection. Sa victoire sur Amrita Sawaram dans le Tara Republic Open n?a pas l?air de la surprendre. À moins qu?elle ne soit pas du genre à laisser éclater sa joie. Mais très vite on finira par comprendre que cette jeune de 21 ans, bourrée de talent et de bonne volonté, en veut. Mais à qui ?

?Je ne joue plus pour impressionner les autres. Je n?ai désormais qu?un objectif, jouer du bon badminton et surtout m?amuser sur le court. Je n?attends plus rien de la fédération mauricienne encore moins de la fédération africaine?, lâche-t-elle avec amertume.

Que reproche-t-elle, donc, à ces deux instances fédérales ? ?Je ne leur reproche rien. Disons qu?elles fonctionnent mal. Ce que les dirigeants de ces deux instances pensent de moi ou de ma victoire ne m?affectent plus. Avant, il fallait jouer pour obtenir la bourse de haut niveau ou encore la bourse de la Solidarité olympique, mais tel n?est plus le cas. J?ai remarqué qu?en voulant satisfaire les autres je n?arrivais pas à me concentrer sur mon jeu?, répond-elle.

Shama Aboobakar a décidé de tout remettre en cause, son style de jeu et surtout sa façon de voir les choses. ?Je recommence tout de zéro. J?apprends à nouveau à jouer au badminton. J?essaie de regarder les choses d?un autre oeil et surtout de manière positive. Avant, si on me demandait de passer une heure à faire des ?clears?, je l?aurais mal pris car j?ai quand même atteint un certain niveau. Mais tel n?est plus le cas, s?il faut le faire je le ferais?, poursuit-elle.

Changement pour le moins drastique, vous en conviendrez. Mais il a fallu des mois à Shama pour arriver à une telle conclusion. ?Après les championnats d?Afrique en avril 2004, j?étais dégoûtée. J?allais à peine aux entraînements. J?avais d?autres priorités. En fait, j?étais en dernière année d?études et je venais à l?entraînement deux ou trois fois par semaine seulement. Ce n?est qu?en janvier que j?ai décidé de reprendre sérieusement les entraînements. Mais il n?était plus question de faire plaisir aux autres. Je voulais jouer au badminton parce que c?est un sport que j?aime et surtout pour mon plaisir. Donc, je me suis mise au travail?, raconte-t-elle.

Depuis le début de l?année, cette jeune championne s?entraîne de manière régulière pour voir ses efforts récompensés par une victoire, hier, en finale du Tara Republic Open, face à Amrita Sawaram.

?Il y a encore une semaine, je me faisais battre par toutes les filles de la sélection?, confie-t-elle.

Shama sait, toutefois, qu?il sera difficile de confirmer sa suprématie. ?Amrita reste la grande favorite. À l?entraînement, elle est la joueuse la plus consistante et régulière dans ses coups. Je dirais qu?Amrita et moi serons à chance égale dans les prochaines compétitions?, fait-elle remarquer.

Shama a tenu à remercier son employeur, la firme DCDM, qui s?est toujours montrée flexible à son égard et à Anne-Laure Sookanah qui, dit-elle, ? a accepté de jouer un simple contre moi tous les jours et ce depuis un mois. Cela m?a grandement aidée à retrouver la forme?.

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