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James Burty David : ?J?assume cette rébellion?

8 février 2006, 00:00

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Le crime de l?esclavage est imprescriptible. Qu?il ait été commis à Babylone plus de 2300 ans avant J. C. ou dans notre pays dès l?époque hollandaise jusqu?à 1835, cela n?enlève rien à la cruauté et l?inhumanité de l?acte. ?Quand on débat des comportements des hommes de ce temps passé, il faut retrouver le contexte?, écrit Jean Claude de l?Estrac. Il a tort. Absolument rien ne peut justifier l?esclavage. Nier à l?homme sa dignité est tout simplement ignoble. Le temps n?efface pas cette infamie.

J?étais parfaitement conscient que mon combat contre tout ce qu?Adrien d?Epinay représente allait donner des urticaires aux réactionnaires. Je ne m?attendais cependant pas à retrouver sur la même plateforme Jean Claude de l?Estrac et Jean-Pierre Lenoir. L?un directeur général de l?express, l?autre ex-rédacteur en chef du défunt Le Cernéen, quotidien qui avait mené une lutte farouche, sectaire et raciste contre l?indépendance. L?un et l?autre présentent Adrien d?Epinay comme un ?patriote?, un ardent défenseur de la liberté de la presse. A part les siens, c?est-à-dire ceux qui ont construit leur fortune sur la souffrance des esclaves, personne n?a affirmé qu?Adrien d?Epinay était un ?patriote?. M. de l?Estrac a, cette fois, allègrement franchi le pas en glorifiant le ?patriotisme? de celui-ci.

Il écrit pourtant ?? Adrien d?Epinay, ?esclavagiste? notoire certes? il se bat contre le projet d?emancipation des esclaves au point de forcer l?expulsion de John Jérémie, procureur général anglais, c?est parce qu?il le croit venu imposer l?abolition immédiate, sans compensation, sans indemnité aux propriétaires (?) Il exprimera souvent les préjugés de son temps et les préventions de sa classe?. Voilà la vérité historique, comme le concède M. de l?Estrac d?ailleurs. Pourtant, il a choisi d?ajouter sa voix à celles des réactionnaires. Il m?accuse de vouloir ?effacer l?histoire? dans ma démarche contre celui qu?il qualifie lui-même ?d?esclavagiste notoire?. Je ne cherche nullement à gommer le passé mais plutôt à rendre justice à l?Histoire.

J?ai pointé un doigt accusateur vers un homme qui s?est mobilisé pour faire échec à l?abolition de l?esclavage. J?assume cette rébellion.

■ <B>Note de Jean Claude de l?Estrac : </B>

Je trouve plutôt sage cette réplique de James Burty David. Je note d?abord que le ministre ne parle plus d?abattre la statue d?Adrien d?Epinay. C?était pourtant la question principale.

Pour le reste, on peut certainement avoir des appréciations divergentes du rôle exact de d?Epinay dans l?histoire politique de ce pays. J?ai seulement dit que ce planteur sucrier, propriétaire d?esclaves, ?esclavagiste? comme 6 874 autres Mauriciens de toutes origines recensées au moment de l?indemnisation, avait apporté une contribution remarquée dans le domaine de la liberté de la presse, de l?économie sucrière, de la liberté commerciale et du parlementarisme. C?est en reconnaissance de ces services-là que des Mauriciens lui ont élevé une statue.

Que M. David se rassure ! Je n?ai pas de problème à me retrouver sur la même plate-forme que Jean-Pierre Lenoir lorsque l?ancien journaliste fait la même lecture de l?histoire. Quant aux positions de l?ancien rédacteur en chef du ?Cernéen? contre l?indépendance, je crois que Xavier Duval, le collègue du ministre David au gouvernement, devrait l?inviter à ne pas insulter ainsi la mémoire de son père. Chacun sait qu?aux yeux de beaucoup, Gaëtan Duval, ce ?réactionnaire?, fut aussi un grand ?patriote?. Comme Adrien d?Epinay. Souvent, Monsieur le ministre, il vaut vraiment mieux se taire.

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