Publicité

Jaigal Booluck mène le «Calypso» à bon port

3 septembre 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Il y a 27 ans, le Mauricien Jaigal Booluck décide de s?installer à Rodrigues pour refaire sa vie. Il forme deux ans plus tard le Calypso Artisanat Groupe à Petit-Gabriel, une entreprise engagée dans l?agroalimentaire et l?artisanat. Malgré la rude concurrence, Jaigal Booluck réussit à mener le Calyso à bon port. «J?ai travaillé comme cuisinier, barman et serveur pendant de nombreuses années dans plusieurs hôtels à Maurice, dont Le Chaland, l?ex-Ile de France (un des premiers hôtels à Grand-Baie) et Arc-en-Ciel et à la Réunion. Mon expérience dans la cuisine a fait la différence à Rodrigues», explique-t-il.

A son arrivée dans l?île, Jaigal Booluck était déprimé parce qu?il venait de perdre sa femme. Mais sa rencontre avec Nadège, qui est devenue par la suite son épouse, lui a redonné goût à la vie. «Je préfère être heureux dans une île pauvre qu?être malheureux dans un pays riche», dit-il pour expliquer sa décision de s?installer définitivement à Rodrigues.

«Nadège confectionnait déjà à l?époque de magnifiques chapeaux en vétiver et en aloès. Comme je suis cuisinier, je n?ai pas eu à chercher trop loin pour lancer une entreprise d?agroalimentaire et d?artisanat, confie le sexagénaire.

Les recettes de Jaigal Booluck font mouche. «Outre les produits qu?on trouve chez d?autres entrepreneurs, dont le fameux limon aigre-doux, le piment-limon, le piment-ourite et le limon-tamarin, je propose des préparations différentes qui sont vendues seulement à mon stand comme, par exemple, le saga tamarin, qui est très apprécié par petits et grands, les achards de banane, de jacques, de margoze et de mangue».

Pas de relève

Aujourd?hui, le Calypso met également en vente ses produits aux stands des entrepreneurs à la gare routière de Port-Mathurin. Pour revaloriser ces opérateurs, Jaigal Booluck a fondé l?Association des entrepreneurs exposants dont il est également le vice-président. «Nous avons organisé notre première expo-vente en juillet-août pour qu?elle coïncide avec les vacances scolaires et la saison de pointe du tourisme. Nous sommes assez satisfaits des recettes de vente pendant cette période», précise-t-il.

Jaigal Booluck attribue son succès dans la vie à son entreprise familiale. «J?ai réussi à éduquer mes deux fils. Dany, qui a 24 ans, est employé à la State Bank alors que mon benjamin, Rico, 21 ans, travaille chez Courts. Je dois tout à mon entreprise».

Jaigal Booluck croit dans l?avenir de l?artisanat à Rodrigues. «Nous avons ici quelque 2 000 artisans. Je souhaite que nous bénéficiions d?une formation afin de mieux professionnaliser le métier. De mon côté, j?attire en particulier les touristes mauriciens en vendant par exemple trois petits pots d?achards à Rs 100».

Le sexagénaire, appelé affectueusement Bonhomme Booluck par les Rodriguais, a gagné l?estime de tout un chacun. Les entrepreneurs lui font confiance.

Jaigal Booluck a le feu sacré pour la musique. Il joue de la mandoline et du banjo. «Quand j?étais à Maurice, je jouais dans des gamats (veille de mariages hindous) à Chemin-Grenier. Mais j?apprécie toute forme de musique ou de chanson?». Son seul regret : il n?y a aucun membre de la famille pour prendre sa relève?

Publicité