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Jacques Mazière le souvenir voyageur
L?Afrique était un rêve. Jacques Mazière, artiste peintre, graveur et sculpteur français, l?a vécu. Le besoin de soleil et de chaleur humaine, d?art africain, de métissage. Il aura vécu 35 ans en Afrique Noire, puis fait le tour du globe, pour venir enfin à Maurice, qui symbolise tout ce qu?il aime.
On le rencontre en début d?après-midi, dans son restaurant fétiche. Il est accueillant, généreux, souriant. Quelques petits papiers à la main qu?il a préparés, un cadeau, des notes,
sa première ?uvre, une carte postale humoristique qu?il a réalisée pendant son service militaire dans les années 50.
Amoureux de dépaysement et de rencontres, l?artiste grave ses souvenirs dans sa mémoire. En fait une copie couleur qu?il dessine sur une toile. Beaucoup de couleurs, qui illuminent une foule de visages qui se mélangent.
En chemise à fleur, il se balade à Maurice plusieurs fois par an. Ce petit bout de terre entre Afrique et Orient ne pouvait que lui plaire. A Mon Choisy, où il réside toujours lors de ses visites, tout le monde le connaît. Le fils de la patronne de l?hôtel où il loge l?a aidé à monter son site Internet. Une anecdote sympathique, une aide précieuse et chère au c?ur de l?artiste.
Les gens qui l?entourent comptent beaucoup. Il parle plus des autres que de lui-même. De ses enfants, métis et pas métis, de ses 12 petits enfants, nés là-bas, en Afrique : « Un de mes fils est marié à la nièce de Bokassa », « Mon autre fils s?occupe du Paris Dakar ».
Son esprit traverse l?espace et le temps. Il a connu les premiers présidents africains, Léopold Sedar Senghor, ou encore les grandes personnalités, comme Albert Scheitzer. Fier de les avoir connus. Il veut raconter, généreusement, ses aventures, de Tanger au Cap, ses métiers, de l?importation de voiture ou de jambon, les gens, les familles, les pays. Témoins de ces souvenirs, ses toiles racontent elles aussi les histoires, les religions, les traditions, les légendes.
Jacques Mazière rêve sa réalité. Un imaginaire onirique met en scène les personnages de sa vie, les émotions, les découvertes ou études. Il divise son travail géographiquement. Afrique, évidemment. Océanie, Asie, Amérique du Sud et du Nord. Son voyage ne s?arrête jamais, puisque même les valises posées chez lui, ses pinceaux continuent de peindre les couleurs d?un autre ciel.
Toutefois, il voyage un peu moins, ralenti le rythme et expose moins qu?avant, quand il installait ses toiles à Los Angeles ou Houston ? Prochainement, il présentera ses toiles sur Maurice à une exposition au Palais des congrès de Lourdes en France. Le séga, ça change des icônes. Et puis il en prépare pour Maurice, des peintures religieuses pour une église du Nord.
A la table d?à côté, une femme jette un regard sur ses toiles. C?est aussi une artiste. De la Réunion. « Vous avez déjà exposé à La Réunion ? » demande-t-elle. Il se lève, lui montre une toile de plus près. « Non ». Un non qui sonne comme un pas encore. Le voyage continue.
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