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Jacques Catherine, concepteur chez Cread, s?explique
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Jacques Catherine, concepteur chez Cread, s?explique
L?homme qui porte un masque blanc dans la campagne de l?Icac a suscité de nombreuses réactions. Vous vous attendiez à cela ?
Il faut savoir qu?il s?agit d?un masque de théâtre et que depuis qu?il existe, il est blanc. Pourquoi mettre un masque de théâtre sur un visage ? Pour son symbolisme. On a voulu dire que ceux qui sont impliqués dans les actes de corruption jouent un rôle. Ils ont souvent des postes de responsabilité, ils ont l?air d?être des gens bien, mais en réalité, ce sont des acteurs. Les corrupteurs se cachent derrière une personnalité qu?ils fabriquent de toutes pièces.
Mais l?interprétation que font les gens compte aussi?
Le blanc est une couleur neutre et le masque blanc représente la respectabilité, il est sans tache. Une autre couleur n?aurait pas ce symbolisme. Les gens se sont focalisés sur le blanc à cause de l?actualité. Je trouve navrant qu?à Maurice, on ait cette fâcheuse tendance à tout ramener au réflexe identitaire et communautaire. Pour casser ce réflexe insulaire, il faut provoquer.
Auriez-vous pu transmettre le même message autrement ?
On peut utiliser l?humour. Quand il est fin et subtil, ça marche à tous les coups. On peut miser sur l?émotion, prendre les gens aux tripes. Et puis il y a la franchise et c?est ce qui convenait le plus à l?Icac. La provocation n?est pas gratuite. C?est une agressivité utilisée à bon escient et effectivement, elle n?est pas passée inaperçue.
Qu?est-ce qui a en fait mené au thème de la campagne ?
L?Icac avait besoin de communiquer avec le public. On a entrepris une étude de perception scientifique pour savoir comment les gens percevaient l?Icac. Une fois le problème identifié, on construit notre message. L?essentiel, c?est que l?Icac pa get figir et qu?il n?y a pas de discrimination dans sa façon d?agir. Les corrompus et les corrupteurs sont sur un pied d?égalité. L?Icac ne fait pas dans l?arbitraire. Ensuite, l?Icac est indépendante, elle ne reçoit d?ordres de personne et elle fait son travail. « You talk, we act », met l?accent sur la nécessité pour le public de collaborer. C?est important pour un organisme aussi sensible et qui en est à ses débuts. Il ne fallait pas de fioritures. On ne voulait pas passer par quatre chemins.
La promotion de l?Icac se fait-elle comme celle un produit commercial ?
Tout peut être considéré comme un produit, même un politicien. À la veille d?une élection, un politicien devient un produit.
Il dit : « Votez pour moi parce que je ferai ci et ça », c?est comme pour un produit commercial ? achetez-moi et vous vous sentirez bien. Une campagne de communication, ça consiste à trouver le truc qui fait vendre. Une campagne d?intérêt public doit être provocatrice et agressive, sinon elle n?en vaut pas la peine. La preuve, douze heures après qu?on ait collé les affiches, ça a commencé à faire du bruit.
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