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Jacques Brown, prêtre-ermite

22 février 2004, 20:00

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Ceux qui passent devant l?église La Salette, entre The-Vale et Grand-Baie ne se doutent pas un instant qu?il y a, à part les vastes champs de cannes, un verger et un potager à l?arrière. Celui qui s?en occupe est un prêtre qui a élu domicile dans une ancienne écurie, convertie en un petit monastère.

On peut aussi voir les ruines d?une sucrerie. Le père Jacques Brown, qui est agronome de formation est à La Salette depuis 1985. Né à Maurice, il part à l?étranger à l?âge de 11 ans et il fait ses études secondaires au Zimbabwe. Il complète ses études en Californie et en Angleterre. Lorsqu?il revient à Maurice en 1983, c?est à l?église de La Salette, qu?il est appelé à exercer comme prêtre. Mais très vite, il découvre les ruines d?une ancienne sucrerie. Il s?en occupe.

Cette sucrerie, souligne-t-il, date de 1810. Elle était gérée par des Anglais. Mais elle fit faillite, en raison des récoltes désastreuses, causées notamment par les terres marginales. Les Britanniques l?abandonnent en 1850.

Aujourd?hui, 130 ans plus tard, Jacques Brown réhabilite les ruines. Il restaure d?abord un vieux puits de 22 mètres. Comme l?Eglise dispose de quelques arpents de terre sous culture de cannes, il estime que l?eau est importante. Il fait installer le système d?irrigation goutte-à-goutte.

Dans la cour, il existe une réserve d?eau qu?on ne trouve que dans certains pays, comme Israël ou l?Arabie saoudite, pays qui souffrent de sécheresse aiguë.

Le père Brown s?occupe ensuite des lopins de terre disponibles. ?Tout était rocailleux. J?ai fait préparer les terres pour les mettre en valeur ?, dit-il. Ainsi, il a crée un verger de mangues et une cocoteraie. Il a mis en terre d?autres arbres fruitiers dont le fruit-à-pain.

Il passe ses journées à s?occuper des plantes. Il ne vend jamais les fruits et les partage avec ses amis.

C?est une vieille écurie que le prêtre a convertie en dortoir. D?ailleurs, quelques traces, comme l?anneau où on attachait les chevaux sont encore là. Il dispose d?une grande salle à manger. Le plancher, qui date du 18e siècle, est intact.

Mais le père Brown est un homme d?église avant tout. Il reçoit régulièrement des gens pour des sessions de méditation. Les fidèles viennent d?abord se recueillir devant l?oratoire. Il anime régulièrement les messes dominicales. Il assiste aussi à des séminaires.

Mais il aime la tradition monastique. C?est-à-dire rester seul dans son ashram. Mais il a deux compagnons : deux chiens qui le suivent comme son ombre !

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