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Jacqueline Dursoniah vs Mathieu Laclé
À quel moment avez-vous rencontré Mathieu Laclé ?
Cela remonte à décembre dernier, à la State Bank de Port-Louis. Il s?est approché de moi car il me connaissait, vu que je suis la présidente du village de Pailles. En outre, Mathieu Laclé était candidat de ma circonscription lors des élections en 2005. Quand il m?a vue, il m?a lancé : « Bonjour la belle dame. To kone kouma mo pe atann pou trouv twa ? » Ce à quoi je lui ai répondu : « Merci pour tes compliments, mais? tu es un homme marié. »
Vous vous êtes tutoyés même si c?était votre première rencontre ?
Comme je vous le disais, il me connaissait déjà lors des élections. Avant de partir, il m?a donné ses coordonnées pour que je puisse le contacter à propos des projets à Pailles.
Il ne vous a pas demandé votre numéro de téléphone ?
Non. Mais j?étais étonnée lorsqu?il a appelé chez moi le même jour. Il m?a alors tout simplement dit : « Monn rode. Mone gaigne. »
De quel ordre ont été vos rapports avec lui ?
Purement professionnels en ce qui me concerne.
Vous voulez dire que ce n?était pas le cas pour lui ?
Écoutez, lorsqu?il me parlait au téléphone, il me faisait des avances. Je faisais semblant de ne pas comprendre en changeant de sujet. Il devenait parfois même vulgaire en me parlant de sexe.
Comment avez-vous réagi ?
Je l?insultais, et parfois même, je ne répondais pas à ses appels téléphoniques.
Pourtant, ce petit manège a bel et bien continué?
Oui, c?est vrai. Mais il s?excusait à chaque fois. D?ailleurs, comme je suis Liaison Officer à l?école primaire de Pailles, j?étais obligée de garder contact avec lui parce que le maître d?école me donnait pour instruction de le rappeler pour voir si le projet de construction d?une librairie tenait toujours.
Combien de fois vous êtes-vous rencontrés ?
Nous nous sommes vus à trois reprises. Deux semaines après notre rencontre à State Bank, je me suis rendue, à sa demande, à son bureau pour parler d?un projet. La deuxième fois remonte au 15 février, à la fin d?une réunion à l?école. Et la troisième fois, c?est lorsqu?il m?a violée à mon domicile !
Parlez-nous du 13 avril?
J?étais au collège Royal de Port-Louis avec des enfants pour des cours d?informatique qui ont lieu de 12 h 30 à 16 h 30. Mathieu m?avait appelé ce matin-là pour me demander ce qu?il fallait mettre sur des médailles d?une chasse au trésor que j?avais organisée le 20 avril dernier. Il devait passer me prendre au collège pour discuter de tout cela à la maison. Mais c?est Jessen, son chauffeur, qui est venu me prendre vers 13 h 15 et qui m?a déposée chez moi.
Où était Mathieu Laclé ?
Je ne sais pas, mais il est arrivé vers 14 h 15 à bord d?un taxi. Il m?a dit : « Mo pa finn vinn gett toi pou travay », et, ajoutant le geste à la parole, il a enlevé son pantalon dans mon salon ! Je l?ai insulté en lui disant de se revêtir. Il m?a alors demandé où étaient les toilettes. Je les lui ai indiquées, puis je suis retourné au salon. Quelques mi-nutes après, je l?ai entendu crier : « Eh vinn guett sa enn koutt ! » En croyant qu?il avait eu un problème, j?ai été voir.
Où était-il ?
Nu dans ma chambre, qui est située à côté du salon. Il s?est alors jeté sur moi. Vous connaissez le reste?
Pas vraiment?
J?ai lutté, et finalement, il m?a violée.
Mais vous n?avez pas crié ?
Non. Je ne l?ai pas fait.
Pourquoi donc ?
Qui m?aurait entendue ? Je ne savais plus quoi faire. Je ne cessais pas de l?insulter en lui tirant les cheveux et en le repoussant à maintes reprises.
Que s?est-il passé ensuite ?
Li finn al dan salon. Entre-temps, j?ai changé de vêtements et il m?a déposée en taxi au collège Royal de Port- Louis.
Quoi ? Il vous viole et vous voyagez dans le même véhicule que lui ?
Je n?avais pas le choix, car les enfants m?attendaient au collège.
À quelle heure avez-vous quitté votre domicile.
À 14 h 45.
Les cours se terminent à 16 h 30. Pourquoi ne pas avoir pris un taxi ?
Où est-ce que j?aurais eu un taxi à cette heure ?
Vous êtes quand même la présidente du village, non ?
Oui, mais la seule chose qui comptait pour moi, c?était d?aller au plus vite au collège pour aller rejoindre les enfants.
■ Propos recueillis par Nicolas ATCHIANE
Où avez-vous rencontré Jacque-line Dursoniah ?
C?était au mois de décembre à la State Bank de Port-Louis. Je lui ai donné mon numéro de téléphone pour qu?elle puisse me contacter à propos d?un projet, à savoir, la construction d?une bibliothèque à l?école primaire de Pailles.
Quand l?avez-vous revue ?
Elle m?avait invité à déjeuner chez elle au mois de janvier. Son frère, qui vit depuis 25 ans au Canada, était alors en vacances à Maurice.
Avez-vous eu une liaison avec elle ensuite ?
Je ne dirais pas vraiment une liaison mais plutôt une aventure.
Lequel de vous deux a fait le premier pas ?
C?est une femme qui sait parler. D?ailleurs, elle est une « allumeuse ». Finalman mo finn laké.
Est-ce vrai que vous l?appeliez souvent chez elle ?
C?est logique. Elle ne pouvait pas m?appeler chez moi car je suis marié. N?importe qui peut répondre au téléphone et elle craignait cela.
Et de quoi parliez-vous donc au téléphone ?
Nou ti pe fer telefonn roz (rires).
Combien de fois avez-vous eu des relations sexuelles ?
Une seule fois, à son domicile, le 13 avril dernier. Eski ou kroir li pou kitt bann zanfan lekol pou vinn koz travay kot li ? C?était planifié. Pour éviter tout soupçon, j?ai préféré me rendre chez elle à bord d?un taxi.
Vous voulez dire qu?il ne s?était jamais rien passé avant ?
Non. Nous nous sommes rencontrés à trois reprises mais nous avons seulement flirté.
Que s?est-il passé après ce fameux 13 avril ?
J?ai cessé de l?appeler. Elle était venue déposer des médicaments chez moi parce qu?elle avait appris que j?étais malade. Mo ti anvi fini avek sa zistoir la. D?ailleurs, c?est une femme imposante.
Mais pour quelle raison vous accuse-t-elle de viol alors ?
Cette femme ne cesse de mentir et de jeter de la boue sur moi. Ou viol enn dimounn et apre sa li voyaz dan mem loto ek ou ? De zour apre li vinn kit komprime kot ou akoz ou malad ? Eh ou la ! Ou pas trouve li pe ekzazere ? Eski ou kroir mo kapav viol enn fam koumsa ? Gett so gabari avek mo gabari. Se vre ki mo finn gaign enn laventir ek li mais letan mo finn rod larg li e mo fine aret reponn so bann lapel, sa finn araz li.
L?épouse de Mathieu Laclé a déclaré : « Kan mo finn tann sa mo finn gaign en sok, me mo solider avek mo mari. Son attitude n?a jamais changé envers moi. Il est resté toujours le même homme que j?ai connu depuis notre première rencontre. »
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