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Jacob Zuma, en route vers la présidence de l?Afrique du Sud
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Jacob Zuma, en route vers la présidence de l?Afrique du Sud
Les délégués du Congrès national africain (ANC) ont élu avant-hier soir Jacob Zuma à la présidence du parti, actuellement occupée par le président sud-africain Thabo Mbeki.
Mbeki et Zuma étaient tous deux candidats à ce poste qui sert de tremplin à la présidence du pays. Zuma est maintenant pratiquement assuré de succéder à Mbeki, dont le mandat à la présidence de l?Afrique du Sud expire en 2009.
Zuma, qui appartient à l?ethnie zouloue, a obtenu 2 329 des 3 834 suffrages exprimés, soit un score légèrement supérieur à 60 %. Autre signe de sa victoire sans conteste : les délégués de l?ANC ont élu ses proches aux cinq autres postes de la direction du parti au pouvoir depuis la fin de l?apartheid.
Très populaire auprès des couches pauvres de la société qui le considèrent comme le mieux à même d?améliorer les conditions de vie dans les townships, Zuma avait reçu le soutien de la puissante Confédération des syndicats sud-africains (COSATU) et du Parti communiste qui font partie de l?alliance au pouvoir.
Les marchés craignent qu?il ne revienne sur la politique centriste pratiquée par Mbeki, qui a contribué à la plus longue période de croissance qu?ait jamais connue l?Afrique du Sud, puissance économique du continent africain.
La Constitution sud-africaine interdit à Mbeki de briguer un troisième mandat consécutif en tant que chef de l?Etat. En se maintenant à la tête de l?ANC, il aurait pu conserver une influence sur le choix de son successeur et continuer, en coulisse, à fixer les grandes lignes de la politique de «la nation arc-en-ciel».
Image de héros ternie
«C?est ce que le peuple voulait. C?est la volonté et le souhait du peuple, et il faut le respecter», a dit Tokyo Sexwale, héros des années de lutte contre l?apartheid aujourd?hui homme d?affaires. «Il est toujours très important qu?une direction se renouvelle et cela s?est produit ici dans char d?assaut, sans explosif. C?est une preuve de maturité», a-t-il ajouté.
Les querelles et les affrontements verbaux n?ont pourtant pas manqué entre les 3 900 délégués du parti réunis en congrès à Polokwane, dans le nord du pays.
Les rivalités personnelles entre les deux hommes ont alimenté les tensions : Mbeki a démis Zuma de ses fonctions de vice-président en 2005 à la suite d?accusations de corruption lancées contre ce dernier.
Les dissensions observées à Polokwane étaient les pires jamais apparues au sein de l?ANC, qui dirige le pays depuis 1994. Elles ont déçu des vétérans de la politique sud-africaine tels que l?ancien président Nelson Mandela et fait craindre que l?attention du gouvernement ne soit détournée de sujets importants tels que l?épidémie de sida, la criminalité et la pauvreté dans le pays.
«Je suis beaucoup plus déprimé. Je trouve que l?ANC se comporte comme un parti de troisième zone, sans règles de base», a déclaré Kader Asmal, membre du comité exécutif du parti.
Le procès en 2006 pour viol contre Zuma, qui s?est soldé par un acquittement, a terni son image de héros de la lutte anti-apartheid aux côtés de Mandela, avec lequel il a passé dix ans en prison au pénitencier de Robben Island, au large du Cap.
A 65 ans, il n?est pas à l?abri de nouvelles poursuites judiciaires et pourrait être une nouvelle fois inculpé de corruption et de fraude, en rapport avec un contrat d?armement portant sur plusieurs milliards de dollars.
Phumza MACANDA et Paul SIMAO
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