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Jacob Zuma, candidat controversé à la présidentielle sud-africaine
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Jacob Zuma, candidat controversé à la présidentielle sud-africaine
Le Congrès national africain (ANC) a officiellement désigné, mardi 8 janvier, Jacob Zuma candidat du parti à l?élection présidentielle de 2009. Son inculpation pour corruption, fraude, blanchiment d?argent, racket et évasion fiscale n?a, semble-t-il, pas ébranlé la confiance du parti.
Zuma, ancien vice-président d?Afrique du Sud, a été élu le 18 décembre 2007 à la tête de l?ANC avec une confortable avance sur le président sortant, Thabo Mbeki. Ce dernier reste chef de l?Etat jusqu?au terme de son second et dernier mandat en 2009. Mbeki, humilié par sa défaite, n?a pas participé, mardi, à la première réunion du nouveau comité exécutif, expliquant qu?il avait «d?autres obligations».
Dix jours après son accession à la tête du parti, Jacob Zuma a été rattrapé par la justice. Une première procédure pour corruption avait pris fin en 2006, le tribunal estimant que l?accusation n?avait pas de preuves suffisantes.
Cette première inculpation lui avait coûté en 2005 le poste de vice-président du pays. Peu après, il était accusé puis innocenté dans une affaire de viol. Les observateurs politiques le donnaient alors politiquement mort.
Les partisans de Jacob Zuma, qui dominent les instances dirigeantes depuis le congrès de décembre, continuent de clamer son innocence et dénoncent «un complot politique» ourdi, assurent-ils, par le camp Mbeki. L?ANC a fait sien cette fois le slogan des supporters de Zuma : «Innocent tant qu?il n?est pas coupable.»
Le procès devrait commencer en août. L?un des chefs d?accusation concerne une affaire de pots-de-vin entre Jacob Zuma, alors vice-président de l?Afrique du Sud, et la société française d?armement Thales (autrefois Thomson CSF).
Thales aurait versé de l?argent au vice-président en échange de sa protection en cas d?enquête sur le colossal contrat d?armement passé par le gouvernement sud-africain à la fin des années 1990. L?intermédiaire dans cette affaire, le conseiller financier de Zuma, Shabir Shaik, a déjà été condamné à quinze ans de prison. Le gouvernement avait passé, en 1999, plusieurs contrats avec des sociétés étrangères pour rééquiper son armée. La facture avoisinait les 40 milliards de dollars.
L?affaire empoisonne la vie politique du pays depuis dix ans et a fait l?objet de plusieurs commissions d?enquête, toutes sans suite. La Grande-Bretagne et l?Allemagne ont récemment ouvert des enquêtes, soupçonnant des irrégularités dans les contrats passés. Jacob Zuma ne serait pas le seul bénéficiaire de ces contrats.
Mardi, l?ANC a annoncé qu?elle allait mettre en place un comité ad hoc pour enquêter «sans pour autant rouvrir l?enquête», a précisé le secrétaire général du parti, Gwede Mantashe. Les conclusions de ce comité resteront confidentielles. En attendant, Jacob Zuma ne semble pas inquiet. Durant le week-end, il a célébré son sixième mariage?
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