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J. Manrakhan : “L’Université doit être un think tank”

25 novembre 2004, 00:00

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Le nouveau vice-chancelier de l’Université de Maurice, M. Jagadish Manrakhan, est d’avis que l’institution tertiaire, qu’il dirige désormais, se doit d’être un “think tank”. Il tient par-dessus tout au devoir d’être attentif au problème des débouchés et des emplois disponibles aux étudiants en fin d’études. Un comité se penche sur cette question. Il est composé de MM. Sims et Butterworth des universités de Sheffield et de Warwyck, et de MM. Paturau, Vayid, Hazareesingh et Ghoorah. De plus le Visitor, Marc David, enquête sur les événements d’avril 1979. Il se doit d’attendre leurs recommandations avant de prendre les mesures qui s’imposent. Une autre priorité concerne le besoin d’une meilleure structuration de la recherche et de la documentation. “Un chercheur ne doit pas passer son temps à courir derrière l’information”.

L’emploi est le problème No 1. Assez grave au point d’opposer les diplômés locaux à ceux de l’étranger. La dégradation de la situation économique crée un impact défavorable à la création d’emplois. Dans une telle situation, l’Université ne peut s’empêcher de donner priorité à la formation professionnelle. Sans rien perdre de son autonomie, elle se doit de tenir compte du fait qu’elle est “employment oriented”. De toute façon, elle est au service de la nation mauricienne.

Le reste de l’actualité de ce 25 novembre 1979 illustre bien les espoirs et les déceptions du nouveau vice-chancelier de l’Université. Il est ainsi question d’un important projet immobilier des frères Ramdenee. Il s’agit de créer 112 appartements à l’arrière de la Clinique Darné. Crater Park offrira en vente ses unités entre Rs 120 000 et Rs 200 000, payables en 60 mensualités après un paiement de 60% à la signature du contrat. On attend toujours l’éruption de ce projet résidentiel.

Plus concrètement, la Indian Ocean International Bank ouvre une succursale à Montagne-Blanche. On signale la mort de 7 000 camarons, victimes de pollution, aux Pamplemousses. Des carpes, plus résistantes, ont pu être sauvées de justesse. Le gouvernement nomme enfin une commission d’enquête pour examiner les finances des compagnies d’autobus, de leurs compagnies subsidiaires, de leurs associés, de les pertes prétendument encourues entre 1977 et 1979. Elle sera présidée par France Empeigne et sera composée de MM. C. Bhagirutty (MLC), K. Venkatasawmy (FSN), Saïd Lalloo, E. Leung Shing, Dev Manraj, Maurice Paturau, Eddy Norton, Harry Saminaden, N. V. Partha Sarathi, Dawood Zmanay du Bureau des Statistiques.

Sur le plan politique, la situation ne s’améliore guère. Déjà des lobbies se forment pour empêcher que, à peine nommé, le nouveau député correctif, Beergonauth Ghurburrun, soit nommé ministre à la place de Mahess Teeluck. Le clan boolelliste s’opposerait à une telle nomination. D’autres courants font état de la nécessité d’accorder enfin un portefeuille ministériel à James Burty David, à Clarel Malherbe ou encore à Suresh Moorba.

Un malheur ne venant jamais seul, Prem Doonghoor commence à ruer dans les brancards et menace de s’abstenir sur la motion d’annulation du nouveau prix du riz de ration, motion que compte présenter, le 27 novembre 1979, Ramdath Juddoo. Aux funérailles de Teeluck, il reproche à Doonghoor de ne pas venir le voir et s’expose à la réponse suivante : “Je n’éprouve nul besoin de vous rencontrer”. Sir Seewoosagur Ramgoolam tente vainement d’obtenir que ses anciens ministres Badry et Daby reviennent à de meilleurs sentiments à son égard. Face à l’échéance parlementaire du 27.11.1979, SSR dispose de seulement 31 voix sûres contre 33 à l’opposition.

Badry paraît irrécupérable. Il veut se disculper des blâmes portés contre lui par le juge Victor Glover. Il fait savoir qu’il connaît beaucoup de choses pas toujours honorables sur certains de ses anciens collègues du conseil des ministres. “Je vais les déshabiller”, menace-t-il. Boolell a examiné avec lui la possibilité de nommer un comité parlementaire restreint pour scruter les recommandations du juge-commissaire Glover. Il affirme ne pas avoir peur de la menace ramgoolamienne de l’envoyer en prison si li pas faire bon zenfant.

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