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ITER : feu vert pour un projet destiné à ?dompter le feu solaire?
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ITER : feu vert pour un projet destiné à ?dompter le feu solaire?
?Dompter le feu solaire pour relever le défi de l?énergie écologique? : c?est, selon Jacques Chirac, l?ambition du réacteur expérimental ITER, une ?aventure en tout point exceptionnelle? qui vise à tenter de maîtriser la fusion thermonucléaire. Ce projet international a été lancé officiellement lors d?une cérémonie de signature à l?Elysée.
Les représentants de six pays (Etats-Unis, Russie, Japon, Inde, Chine et Corée du Sud) et de l?Union européenne ont signé, sous la présidence de Jacques Chirac, les trois accords qui permettront le lancement effectif des travaux à Cadarache (Bouches-du-Rhône) d?ici 2008. Ceux-ci devraient durer dix ans et l?exploitation du réacteur expérimental par quelque 400 scientifiques du monde entier 20 ans, pour un investissement de dix milliards d?euros sur 45 ans.
Le projet ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor ou réacteur thermonucléaire expérimental international) a pour mission de démontrer la faisabilité de la réaction de fusion thermonucléaire, qui ne se produit pour l?heure que sur le soleil, afin d?aboutir à son exploitation industrielle.
Si elle était enfin maîtrisée, la fusion permettrait de produire une énergie considérable ? un kilogramme de combustible produirait l?équivalent de 10 millions de litres de pétrole ? à partir de matières premières abondantes: le deutérium et le lithium sont présents dans l?eau. Un litre d?eau de mer pourrait ainsi générer une énergie équivalente à celle d?un litre de pétrole ou d?un kilo de charbon. La perspective est alléchante, alors que s?épuisent les réserves en pétrole et que la population mondiale atteindra neuf milliards d?habitants en 2050.
Ses promoteurs soulignent par ailleurs que la fusion ne produit pas de gaz à effet de serre et que ses déchets radioactifs ont une durée de vie plus courte que ceux issus des centrales nucléaires classiques.
Solution énergétiques pour nos descendants
?La raréfaction des ressources (fossiles, NDLR) et la lutte contre le réchauffement climatique exigent une révolution de nos modes de production et de consommation?, a souligné mardi Jacques Chirac. ?Nous avons le devoir d?engager les recherches qui prépareront des solutions énergétiques pour nos descendants?.
De ce point de vue, ITER est ?une main tendue aux générations futures?, ainsi que ?la victoire de l?intérêt général de l?humanité? puisqu?il associe sept acteurs du monde entier représentant la moitié de la population mondiale, loin des ?stratégies de suprématie qui ont marqué longtemps le siècle dernier?, a ajouté le président français.
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a salué un ?événement historique?. ?Nous venons d?investir dans l?avenir des générations futures?, s?est-il félicité. ?Je suis convaincu que l?avenir nous donnera raison d?avoir cru au rêve des physiciens: domestiquer l?énergie telle que la produisent les étoiles?.
?Cette énergie représente l?espoir du monde?, a approuvé le sous-secrétaire d?Etat américain chargé de l?énergie, Raymond Orbach.
Le Japon avait quant à lui dû renoncer en 2005 à accueillir sur son sol le réacteur comme il le souhaitait, une ?décision difficile?, a rappelé le premier vice-ministre des Affaires étrangères du Japon Takeshi Iwaya. Tokyo produira toutefois ?les composantes les plus difficiles du réacteur? et le directeur général d?ITER sera japonais.
Ce projet est critiqué par les écologistes, qui jugent son prix exorbitant pour un résultat, à l?horizon de 2050, aléatoire. Dans un communiqué, le réseau Sortir du nucléaire a rappelé aussi qu?un accord international n?entrait en vigueur qu?une fois ratifié par les pays signataires. ?Il est clair que la ratification de l?accord sur ITER n?ira pas de soi dans certains pays et en particulier aux USA?, affirme l?organisation.
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