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Israël maintient une forte pression sur le Hamas
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Israël maintient une forte pression sur le Hamas
Israël est déterminé à lutter contre le mouvement islamiste Hamas pour réclamer la libération du caporal Gilad Shalit, enlevé dimanche, tout en reportant une offensive dans le nord de la bande de Gaza.
Hier, avant l'aube, l'aviation israélienne a lancé un raid à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, tuant un membre du groupe armé radical Djihad islamique, Mohammed Abdel Al. Il s'agit du premier mort palestinien depuis le déclenchement de l'offensive israélienne sur Gaza. De leur côté, les Palestiniens ont tiré six roquettes contre Israël à partir de la bande de Gaza, sans faire de victime. Près de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, des échanges de tirs ont eu lieu entre activistes des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, groupe armé proche du Fatah, et des soldats israéliens. Les heurts auraient fait trois blessés côté palestinien, selon des sources médicales. Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'aviation israélienne a mené une douzaine de raids aériens dans la bande de Gaza, qui n'ont pas fait de victime, dont un contre le ministère de l'Intérieur contrôlé par le Hamas, qui a subi d'importants dégâts.
Précisément, concernant le nord de la bande de Gaza, selon la radio publique israélienne, Tsahal a décidé de reporter une offensive terrestre pour vérifier si des efforts diplomatiques menés sous la conduite de l'Egypte peuvent aboutir à la libération du caporal israélien. Selon des journaliste, les équipages de dizaines de chars en position en Israël au nord de la bande de Gaza avaient gagné en autocars leurs bases à l'arrière.
C'est à l'initiative du président égyptien, Hosni Moubarak, médiateur entre Israël et le Hamas, que l'Egypte a annoncé que le mouvement islamiste avait accepté de libérer le soldat israélien enlevé en posant des conditions jusqu'à présent rejetées par l'Etat hébreu. «Les contacts égyptiens, qui ont inclu certaines personnalités du Hamas, ont donné des résultats positifs, le mouvement ayant accepté sous condition de remettre le plus tôt possible le soldat israélien pour éviter une escalade», a indiqué M. Moubarak dans une interview hier au journal gouvernemental Al Ahram. «Jusqu'à présent, la partie israélienne n'a pas accepté» ces conditions, a-t-il ajouté, selon le site Internet du quotidien.
Jeudi peu avant l'aube, Israël a arrêté en Cisjordanie 64 élus palestiniens, dont un tiers des ministres du cabinet palestinien, ainsi que des députés, maires et autres responsables politiques du Hamas au cours d'une opération sans précédent par son ampleur, qui a suscité de nombreux appels à la modération dans la communauté internationale.
Alors que la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a appelé de Moscou Israéliens et Palestiniens à «agir de façon responsable» pour rétablir le calme dans la région, le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, s'est dit de son côté, «très préoccupé» par la situation à Gaza. Il regrette aussi bien les opérations lancées par l'armée israélienne que l'enlèvement d'un soldat israélien dimanche qui a mis le feu aux poudres.
Lancée mercredi avant l'aube sous le nom de code «Pluie d'été», l'offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza s'est déjà traduite par d'énormes dégâts infligés aux infrastructures, notamment la destruction de l'unique centrale électrique de la région. L'artillerie israélienne a continué jeudi ses bombardements contre des zones du nord de la bande de Gaza, selon un journaliste.
Les arrestations de ministres, députés et responsables du Hamas ont amené les pays du G8 à appeler jeudi Israël à «observer la plus grande retenue» dans la crise actuelle et manifester leur «inquiétude», au cours de la réunion des ministres des affaires étrangères du G8 à Moscou.
<I>?Les commandos palestiniens menacent de tuer le soldat Gilad Shalit si Israël continue son offensive?
Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a condamné les arrestations et appelé la communauté internationale à intervenir d'urgence. Le principal négociateur palestinien, Saëb Erakat, a pour sa part évoqué le danger d'un «effondrement total» de la situation dans les territoires palestiniens.
En Israël même, des députés de l'opposition de gauche et arabes israéliens ont critiqué l'offensive. Le député Yossi Beilin du parti Meretz (5 députés sur 120) a demandé publiquement de «la faire cesser au plus vite» et d'?uvrer en vue d'une trêve avec les Palestiniens alors que le député Ahmed Tibi de la Liste arabe unifiée (4 députés) a accusé le gouvernement «d'avoir perdu le nord». Mais l'opinion et la classe politique restent majoritairement derrière leur gouvernement.
Côté palestinien, les Comités de la résistance populaire ont menacé de tuer le soldat israélien Gilad Shalit (19 ans) qu'ils affirment détenir si l'offensive israélienne continuait. Ils ont aussi revendiqué l'assassinat d'un jeune colon, Eliahou Asheri, 18 ans, d'Itamar en Cisjordanie, enlevé dimanche, qui a été enterré jeudi à Jérusalem.
©Le Monde 2006
Distribué par The New York Times Syndicate
<B>Onu : Gaza à deux jours d'une crise humanitaire</B>
La bande de Gaza n'est plus qu'à deux jours d'une crise humanitaire catastrophique si Israël ne rétablit pas rapidement l'approvisionnement en carburant et en électricité à cette zone densément peuplée après le lancement de son offensive pour récupérer un soldat enlevé, a averti jeudi Jan Egeland, secrétaire général adjoint de l'Onu aux Affaires humanitaires.
«Ils s'acheminent vers l'abîme si l'électricité et le carburant ne sont pas rétablis», a estimé Egeland, qui a exhorté dans le même temps les Palestiniens à remettre en liberté le caporal de l'armée israélienne enlevé et à réprimer les activistes qui tirent des roquettes contre le territoire israélien. «J'ai bon espoir que ni l'un ni l'autre des deux camps ne souhaitent voir une hausse massive de la mortalité dans la bande de Gaza», où les enfants représentent la moitié des 1,4 million d'habitants, a déclaré Egeland à des journalistes au siège des Nations unies à New York. Au coeur de la crise, a-t-il dit, se trouve le bombardement par Israël de la seule centrale électrique de la bande de Gaza, qui fournit 40% de l'électricité au territoire. Le reste de l'électricité est importé d'Israël. Environ 130 puits, dans la bande de Gaza, ont besoin d'électricité pour pomper l'eau, et si certains ont des groupes électrogènes qui fonctionnent au diesel, Israël n'a autorisé l'entrée d'aucun carburant dans la bande de Gaza depuis quatre jours.
Sans eau pure par ce temps estival chaud, «Nous assisterons dans quelques jours à une crise humanitaire majeure», a dit Egeland.
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