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Israël fait marche arrière
Israël fait savoir qu?il a révisé son projet de remettre rapidement aux forces de sécurité palestiniennes le contrôle de cinq villes autonomes de Cisjordanie à la faveur de la pause dans l?intifada observée depuis la mi-janvier.
Le retrait rapide de Tsahal de Ramallah - QG de l?Autorité autonome, Bethléem, Jéricho, Toulkarem et Kalkilia, avait été évoqué par le ministre israélien de la Défense Shaul Mofaz et Mohamed Dahlan, conseiller pour la sécurité du président palestinien Mahmoud Abbas, lors d?un entretien samedi à Jérusalem. Mais, lorsque les deux hommes se sont revus lundi pour en examiner les modalités, Mofaz a fait valoir qu?Israël estimait que les forces de sécurité palestiniennes n?étaient ?pas encore prêtes? à combler le vide laissé par le départ des militaires israéliens, déclare-t-on de source proche de Mofaz.
Mofaz a informé Dahlan qu?Israël ne comptait plus, du coup, évacuer simultanément les cinq villes et il lui a demandé d?ici les ?prochains jours? un plan ?crédible? de déploiement des policiers palestiniens dans chacune d?entre elle pour vérifier qu?ils pourront y assurer la sécurité. ?Le dialogue de fond se poursuit?, a précisé le ministre et négociateur palestinien Saëb Erekat en précisant que Dahlan et Mofaz se retrouveraient une nouvelle fois jeudi mais qu?il ne fallait pas s?attendre à un accord si tôt.
La rencontre Mofaz-Dahlan de lundi a été assombrie par la mort, quelques heures plus tôt, d?un petite fille de 10 ans qui a reçu une balle dans la tête alors qu?elle se livrait à des exercices dans la cour de récréation de son école gérée par l?Onu dans le camp de réfugié de Rafah. Selon des témoins, le tir provenait d?un poste militaire israélien situé à 600 mètres de là, mais l?armée a affirmé qu?aucun soldat dans ce secteur n?avait fait usage de son arme et avancé l?hypothèse d?une balle perdue tirée par un pèlerin fêtant son retour du ?hadj? à la Mecque.
Quoi qu?il en soit, l?incident a suscité des représailles du Hamas qui a tiré lundi et mardi plusieurs obus de mortier sur les colonies juives de Neve Dekalim et de Gush Katif, sans faire de victimes. Le mouvement intégriste a précisé que sa réaction était ?ponctuelle? et ne remettait pas en cause l??accalmie? convenue avec le président palestinien Mahmoud Abbas pour lui laisser les mains libres dans son dialogue avec Israël sur la prochaine évacuation de Gaza promise par Ariel Sharon.
Néanmoins, on reconnaît, de source proche de Mofaz, que cet accroc à la trêve de facto des attaques anti-israéliennes avait joué dans la décision du gouvernement de ne plus se hâter pour évacuer les villes de Cisjordanie, dit-on de source proche du ministère de la Défense Mofaz a fait observer à Dahlan que les forces de sécurité palestiniennes n?avaient pas été en mesure de prévenir cette attaque, alors qu?elles étaient censées l?empêcher aux termes des arrangements de sécurité qui ont permis leur redéploiement dans toute la bande de Gaza en remplacement de Tsahal.
De même source, on précise toutefois que Mofaz n?a pas exigé de son interlocuteur un calme total et absolu à Gaza, se bornant à lui faire comprendre que la situation à Gaza influerait sur le rythme d?évacuation des villes autonomes de Cisjordanie. Israël a d?ailleurs fait un nouveau geste de bonne volonté mardi en rouvrant le terminal de Rafah, à la frontière entre la bande de Gaza et l?Egypte, après l?avoir fermé en représailles d?un attentat qui avait coûté la vie, fin décembre, à quatre soldats.
<B>Mark HEINRICH</B>
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