Publicité

Island Fertilisers sort de terre

11 août 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La mainmise de la Mauritius Chemical and Fertilizers Industry (MCFI) sur le marché local tire à sa fin. Après 30 ans de règne sur l?importation, la fabrication, et la distribution de fertilisants, un concurrent apparaît et affiche ses ambitions. Cette arrivée fait naître certaines appréhensions dans le port, dissipées par la direction du nouveau venu.

Island Fertilisers veut conquérir près de 40 % du marché local des fertilisants. Cette compagnie n?a pas lésiné sur les moyens pour atteindre ses objectifs. Elle a investi Rs 102 millions et compte employer une quarantaine de personnes. L?enjeu est de taille : le marché mauricien des fertilisants représente Rs 400 millions.

Cette société a comme actionnaires Michel Rivalland, Arnaud Leclézio, United Docks Limited, Didier Merven, Robert Le Maire Limited et Mauritius Co-operative Agricultural Federation Limited.

La production d?Island Fertilisers tournera autour de 30 000 tonnes d?engrais, et l?agriculture locale en consomme 65 000. Ce projet ?a été initié voilà quatre ans. Malheureusement, il n?a pas pu se concrétiser. Mais depuis février nous avons commencé à travailler dessus. Les opérations devraient démarrer au début de septembre?, dit Michel Rivalland.

L?arrivée du nouveau distributeur est bien accueillie par les agriculteurs. Mais certains opérateurs du port franc sont inquiets. L?usine d?Island Fertilisers se trouvera dans un bâtiment de 45 000 pieds carrés dans le port franc à Mer-Rouge. Afzal Delbar, le secrétaire général de la Freeport Operators Association, est soucieux : ?Ce local n?a pas été conçu pour stocker des fertilisants. Nous ne savons pas si les produits d?Island Fertilisers sont dangereux ou pas.? Les opérateurs du port franc stockent en effet leurs marchandises dans des entrepôts annexes au bâtiment loué à Island Fertilisers.

Un autre opérateur indique que les produits chimiques sont potentiellement dangereux et que le stockage de fertilisants dans cette zone justifiera encore plus la phrase : ?Port-Louis est assis sur une poudrière.?

Ces arguments sont réfutés par Island Fertilisers. Selon Arnaud Leclezio, cette polémique n?a aucun sens. Contrairement à la MCFI, Island Fertilisers ne fabriquera pas de fertilisants complexes, qui exigent la transformation de plusieurs composants en un seul granulé. Elle mélangera plusieurs composants. Le nitrate, le phosphate et la potasse seront importés séparément pour être mélangés à Mer Rouge, puis empaquetés avant d?être distribués aux agriculteurs.

?Il n?y a aucune fabrication, donc aucune pollution. En plus, ces produits représentent 0 % de risque notamment en termes de santé et d?inflammabilité?, précise Arnaud Leclezio qui brandit des certificats de sécurité américains. Island Fertilisers a soumis son rapport d?Environmental Impact Assesment au ministère de l?Environnement depuis une quinzaine de jours. Ce matin, les officiers y font une visite de routine. ?S?il y a des éclaircissements à demander, nous le ferons et nous imposerons nos conditions avant d?accepter le projet?, souligne Ananda Rajoo, conseiller au ministère.

Le projet doit aussi obtenir l?aval de la Mauritus Freeport Authority (MFA), dont le conseil d?administration se réunira le 25 août pour examiner le dossier. ?Nous n?avons pas encore donné notre autorisation. Nous ne le ferons qu?à la lumière de toutes les informations?, souligne-t-on du côté de la MFA.

Island Fertilisers attend sa première cargaison de composants chimiques le 20 août. Ses équipements sont déjà arrivés. La compagnie promet d?être rentable sans aucune subvention gouvernementale. Arnaud Leclezio assure que les prix seront très compétitifs.

Publicité