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Isinbayeva l?a fait !
Annoncé, claironné à l?approche d?un Meeting de Londres placé sous haute surveillance, attentats obligent, le record du monde du saut à la perche féminin, chasse gardée de la Russe Yelena Isinbayeva, est passé vendredi dans une autre dimension.
La championne olympique en titre, non contente d?améliorer dans un premier temps d?un centimètre son record, a pulvérisé ensuite la barre mythique des 5 mètres à son premier essai !
Vingt ans, quasiment jour pour jour ? 13 juillet 1985 - après qu?un certain Sergueï Bubka a fait entrer à Paris, au Stade Jean-Bouin, la perche masculine dans une autre ère en passant pour la première fois six mètres, une autre athlète de l?ex-bloc communiste a accompli un pas décisif dans la discipline en devenant la première femme à cinq mètres ! La réunion de Londres, qui ne bénéficie pas du statut très recherché du circuit de la Golden League, avait fait de la tentative de la Russe l?un des deux moments forts du rendez-vous anglais.
Le duel du 100 mètres, à l?origine beaucoup plus attendu, entre Justin Gatlin, le champion olympique d?athènes, et Asafa Powell, le recordman du monde de retour de blessure à cette occasion, ayant tourné court, le public, finalement venu nombreux malgré le climat de terreur régnant sur la capitale anglaise, n?avait d?yeux, une fois n?est pas coutume, que pour le sautoir appelé à entrer dans l?histoire.
<B>Un moment de grâce?</B>
Une semaine après avoir, comme à son habitude, amélioré d?un petit centimètre son record du monde, et ce pour la 15e fois de sa carrière, lors du Meeting de Madrid avec une barre à 4,95 mètres, Isinbayeva, du haut de ses 23 ans, plus que jamais consciente de la marge qu?elle possède sur ses adversaires, aura longtemps patienter avant de faire son entrée dans le concours.
Les autres concurrentes, que l?on n?ose appeler rivales tant elles évoluent dans une autre dimension que la Russe, s?escrimaient depuis déjà une bonne heure quand la reine de la discipline se décida à sortir ses fameuses perches noires.
Un premier saut à 4,70 mètres impeccable pour s?échauffer, un second à 4,80 mètres pour garder le rythme et la protégée de Yevgeny Trofimov pouvait appeler une barre à 4,96 mètres, soit un centimètre de mieux que sa marque madrilène.
Souvent critiquée pour son sens un peu trop aigu de la commercialisation de ses exploits ? la Russe touche une prime pour chacun des centimètres qu?elle efface -, Isinbayeva échouait sur sa première tentative avant de claquer son 16e record du monde. Mission accomplie, pensait-on.
Mais celle qui a débuté le sport il y a maintenant plus de vingt ans par la gymnastique du côté de Volgograd où elle est née, avant de se réorienter la mort dans l?âme vers la perche dans le club de l?Armée Rouge, sa grande taille lui barrant la voie des tapis internationaux, cette fois n?en resterait pas là.
En totale communion avec le public londonien, la Russe ne demandait ni plus ni moins qu?une barre mythique, celle des 5 mètres ! Yelena n?avait que trois ans quand Bubka effaça ses 6 mètres.
Vendredi, à Crystal Palace, la championne olympique redevenait une enfant face à ses rêves, celui notamment de devenir pour l?histoire la premièrefemme par-delà cette barre historique. Un saut parfait plus tard et elle pulvérisait littéralement cette barre, laissant à penser que ses limites sont loin d?être atteintes.
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