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Irrecevable objection du PMSD à l?excision des Chagos

18 juin 2008, 00:00

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Gaëtan Duval a l?occasion, le 12 novembre 1982, d?expliquer aux membres du comité parlementaire restreint, chargé de faire la lumière sur l?excision des Chagos du territoire mauricien, la position de son parti, le PMSD, à ce sujet. Ce dernier ne s?oppose pas, en 1965, à l?utilisation de l?île de Diego Garcia, même à des fins militaires, par les Anglais et les Etats-uniens. Il n?est toutefois pas satisfait des conditions offertes en échange. Il considère que l?île Maurice aurait dû avoir conservé sa pleine souveraineté sur l?archipel des Chagos et qu?elle devrait exiger des termes plus favorables sur le plan économique et social. Le comité restreint retient donc un accord du PMSD à l?excision des Chagos, mais avec des réserves.

Le 5 novembre 1965, le conseil des ministres doit donner un accord permettant au Royaume-Uni d?entreprendre des démarches légales pour exciser les Chagos du territoire mauricien. Le PMSD exprime alors de nouveau ses réserves. Il accepte le principe de la cession des Chagos mais n?est pas d?accord sur le prix que la Grande-Bretagne propose. (Aux spécialistes du droit international de dire si cette réserve suffit ou non pour annihiler l?accord de principe. Aux yeux des Mauriciens, l?acte de trahison du PMSD est cependant établi). Le procès-verbal du 5 novembre est adopté le 12 suivant mais en l?absence des ministres du PMSD qui ont, entre-temps, démissionné du gouvernement de coalition mais après avoir accepté de céder les Chagos aux Anglais.

Les trois ministres du PMSD sont alors Gaëtan Duval (Logement, Terres et Urbanisme), Jules Koenig (Justice) et Raymond Devienne (Développement). Les autres membres du conseil des ministres sont John Shaw Rennie (gouverneur), Tom Vickers (chef secrétaire et ancien secrétaire colonial), Seewoosagur Ramgoolam (Premier et Finances), Guy Forget (Travaux, Communications intérieures), Veerasamy Ringadoo (Education), Razack Mohamed (Sécurité sociale), Satcam Boolell (Agriculture), Hack Mohamed Osman (Information et P.T.T.), Walter (Santé), Maurice Paturau (Commerce et Industrie), Sookdeo Bissoondoyal (Administrations régionales), Rajmohunsingh Jomadar (Travail) et Tirvengadum (Budget).

Le 12 novembre 1965, les anciens ministres du PMSD tiennent une conférence de presse pour donner leur point de vue sur toute cette affaire et justifier leur démission du gouvernement. Selon des comptes-rendus de journaux, non démentis par la suite, Jules Koenig déclare de la façon la plus formelle : Le PMSD ne s?oppose pas au principe de céder les Chagos aux Anglais. Il ne s?oppose pas non plus à ce que cet archipel devienne un centre de communications pour faciliter la défense de l?Occident. D?accord donc sur le principe de la vente mais pas d?accord sur les modalités de vente. « Nous ne sommes pas contre l?excision des Chagos pour les besoins militaires de l?Ouest », déclare explicitement Jules Koenig, ministre de la Justice démissionnaire.

Le Comité parlementaire restreint conclut donc et à bon escient ne pas pouvoir accepter la thèse de l?opposition du PMSD à l?excision des Chagos du territoire mauricien. Il retient, par conséquent, la complicité et la connivence de ce parti dans la cession d?une partie du territoire à la puissance colonialiste et donc anglaise, ce que d?aucuns tiennent pour un acte de trahison et pour une violation d?une convention onusienne.

Pour rappel, voici les politiciens ayant participé à la conférence constitutionnelle de Londres en septembre 1965 : - Pour le Parti travailliste (PTR) : Seewoosagur Ramgoolam, Guy Forget, Ringadoo, Boolell, Walter, Jomadar, Jaypal, Chaperon, Govinden, Ramnarain, Modun, Virahsawmy, Dr Maurice Curé. Pour le PMSD : Jules Koenig, Gaëtan Duval, Devienne, Maurice Lesage, Rosenkham. Pour l?IFB : Sookdeo Bissoondoyal, Anerood Jugnauth, A. Wahab Foondun, Dayanand Basant Rai, Bappoo. Pour le CAM : Abdool Razack Mohamed, A.H. Osman et Aubdool. Délégués indépendants : Maurice Paturau et Jean Ah Chuen.

(N.B. : On peut s?interroger sur l?utilité de la présence, à Londres, d?une douzaine de ces délégués dont une demi-douzaine rien que pour le PTR. On sait que l?un de cette trentaine de délégués et non des moindres devait pleurnicher ultérieurement qu?il ignorait même, à l?époque, où se situent les Chagos au milieu de l?océan Indien. L?on peut également s?interroger sur la raison de l?absence de Bickramsing Ramlallah de la délégation travailliste. L?on peut y voir le prix politique à payer pour avoir eu le courage, le premier, de dénoncer l?acte de trahison qui se tramait entre le PTr et le colonialisme anglais. Il y a eu donc non seulement trahison mais encore préméditation. Bien joué Seewoosagur Ramgoolam ! Nous nous souviendrons de ce que tu as fait à Bickramsing Ramlallah.

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