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Intégrité et responsabilité
En l?absence d?un marché de capitaux fort diversifié à Maurice, le système bancaire demeure le centre nerveux de l?économie. L?intégrité collective des banques, et à plus forte raison celle des leaders du secteur, est cruciale. Réputation, crédibilité et solidité financière sont aujourd?hui les maîtres-mots dans l?activité bancaire. D?où l?importance grandissante de bien gérer les ?reputational risks?. Mais est-ce la responsabilité du banquier uniquement ?
Le méga scandale financier MCB-NPF a mis en exergue les torts possibles que des mécanismes de vérification peu performants peuvent causer à une institution bancaire, mais aussi à l?ensemble du secteur. Il y a la crise, mais aussi la gestion de la crise. La problématique dépasse alors les bornes internes de la banque en question. D?autres institutions du pays en sont autant concernées.
L?affaire MCB-NPF a été mal gérée dès le début. L?Independent Commission against Corruption a cafouillé, pour dire le moins. Ses investigations laissent toujours d?ailleurs un goût inachevé. Ainsi, 15 mois après la découverte de la fraude, le principal bénéficiaire de l?argent détourné n?a toujours pas été interrogé par les enquêteurs de la commission.
Les institutions donnent l?impression de ne pas bien saisir l?urgence de mettre de l?ordre une fois pour toutes dans cette affaire. Vendredi dernier, c?était au tour du bureau du Directeur des poursuites publiques d?émettre un signal confus quand il ne parvenait pas à définir les charges contre le n°1 de la MCB.
Le monde de la haute finance bouge très vite, trop vite même pour que les institutions dans leurs structures et état d?esprit actuels ne puissent suivre le rythme. Il faut plus que jamais un ?speedy trial? pour que la saga MCB-NPF soit bel et bien derrière nous. Plus l?affaire traîne, plus les risques d?entorse à l?intégrité de notre secteur bancaire aux yeux de la communauté internationale seront réels.
C?est la dernière chose que l?on souhaite à un moment où le système financier local veut accélérer son intégration à l?économie internationale, et où le pays a grand besoin d?investissements étrangers.
Toujours est-il que la banque incriminée contribue, elle aussi, à la confusion. La décision de débrayage prise vendredi dernier relève d?un acte très condamnable, tant sur le plan des règles que sur le plan de l?éthique. Cette mesure fut perçue par la population comme une démonstration de la MCB de sa puissance financière.
Au milieu des années 1990, certains pays du Sud-Est asiatique avaient été très tolérants vis-à-vis des banques aux pratiques douteuses, mais qu?ils considéraient ?too big to fail?. Ce syndrome a valu à la région une crise économique et macro financière sans précédent.
Chez nous, de telles considérations ne sont pas d?actualité. Nul n?est trop puissant pour être inquiété. Encore faut-il que les pratiques louches soient punies par les tribunaux comme il se doit et dans des délais raisonnables.
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