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Insignifiante répétition

30 avril 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Une course ridicule à la provocation a commencé chez nos dirigeants politiques. Ils sont toujours à l?âge rocailleux des slogans creux et de la propagande figée estimant que l?électeur n?est pas suffisamment mûr pour décrypter leurs grossières man?uvres. Celles-ci n?ont pas changé au fil des décennies. Il y a, en amont, un profond sentiment de revanche occultant le fait qu?en politique, on est seul responsable de ses défaites. Alors on se livre allègrement au dénigrement et à la diabolisation. Accusations gratuites couplées à de caricaturales dénonciations, le cocktail est repoussant.

Dans un tel scénario, on oublie que l?électeur ne se cherche pas un chef de clan mais un leader de la nation. C?est celui qui représentera le mieux une idée progressiste de la nation qui l?emportera. Pour cela, le dirigeant politique devra commencer à s?adresser à la population et utiliser moins les électeurs comme de vulgaires destinataires des injures dirigées contre les adversaires politiques. A l?attente d?une certaine flamboyance dans le discours, le politique répond par une parole laborieuse au plan des idées et extrêmement dévalorisante au plan de la critique.

Alors, avant que les boussoles ne s?affolent au point de devenir incontrôlables, il est permis de croire que nos leaders politiques vont se ressaisir. Ils devront, pour cela, être un peu plus sensibles à ce qui se dit à travers le pays. Ils devront commencer par s?entourer d?une équipe qui agit moins en repoussoir. Parce qu?on a peur de perdre ou qu?on n?est pas sûr de gagner, comme c?est le cas pour les deux camps, on n?a pas le droit de solliciter n?importe qui comme simple instrument et symbole pour accéder au pouvoir.

Les deux principaux blocs sont donc appelés à trouver un sens et les bonnes personnes pour aller au combat. Avec les écarts et les dérives enregistrés, il semblerait qu?ils n?ont pas encore identifié ce sens. Il y a certes de la motivation et de l?envie dans les deux camps mais, même si le pouvoir reste la finalité, un peu de décence les commanderait à plus de rationalité. Le spectacle des vanités froissées ne plaît plus. Il ne sert à rien de personnaliser le débat autant.

D?autre part, d?un meeting à un autre, d?une réunion à l?autre, les politiques répètent ad nauseam les mêmes arguments. Cela commence à devenir indigeste. Franchement, ils peuvent faire mieux. Certes, un certain nombre de points doit être martelé. Certes, il faut focaliser les électeurs sur quelques idées fortes. Mais, en même temps, un débat politique aseptisé à ce point témoigne d?un véritable désert des idées. On espérait mieux de nos dirigeants politiques. Que ce soit Navin Ramgoolam, qui assure qu?il a changé depuis qu?il a perdu les élections, ou Paul Bérenger et Pravind Jugnauth, qui devraient avoir pris de l?épaisseur après ce passage au pouvoir, ils auraient pu nous gratifier d?un spectacle plus à la hauteur de l?image d?homme d?Etat qu?ils sont censés incarner. Il faudra repasser. Lorsqu?on sait qu?une image qui s?installe peut prendre des années avant de se déconstruire, on prend la pleine mesure de leur amateurisme.

A la veille des meetings du 1er Mai, on voudrait donc prendre le pari que les leaders vont s?y prendre autrement. Ils vont casser le jeu pervers. Ils vont sortir du convenu, du répétitif. Ils vont apostropher ce pays, lui dire ses limites et ses préjugés. C?est un v?u. Celui de voir nos politiciens afficher un professionnalisme en tant que politiques.

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