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Inquiétudes sur le CPE
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Avec son franc-parler habituel, le directeur du «Mauritius Examinations Syndicate» (MES), Lucien Finette, tient des propos qui ne vont pas plaire à tout le monde. Il se dit inquiet des tendances que révèlent les premières statistiques qui lui ont été communiquées au sujet du CPE. Les résultats complets seront rendus publics ce matin. Interrogé sur le même sujet, le ministre de tutelle, Dharam Gokhool, est serein. On ne sait pas si sa confiance béate relève de la communication politique ou d?une incapacité à saisir les enjeux.
Si tant est que les chiffres aient une signification quand on parle de l?éducation des enfants, il y en a deux qu?il faut surveiller aujourd?hui. D?abord, il y a le taux global de réussite. Ce chiffre est en hausse depuis ces quatre dernières années et a pratiquement atteint la barre des 68 % l?année dernière. Or, les commentaires du directeur du MES indiquent que cette tendance s?est inversée. Un tel recul serait dramatique. Parce que le principal reproche qu?on peut faire au système actuel, c?est précisément le nombre d?écoliers qu?il rejette déjà dans la rue. Maintenant si le taux d?échec est sur une courbe ascendante, l?avenir est loin d?être rassurant pour les enfants mauriciens.
L?autre chiffre qu?il faut surveiller concerne le qualitatif. Il semble que là également, il y a lieu de s?inquiéter. A lundi, se basant sur des rapports intérimaires, Lucien Finette laissait comprendre que l?élite se rétrécit. Il y aurait, semble-t-il, moins de candidats cette année avec quatre A+, le fameux sésame pour les collèges d?élite.
L?année dernière, le ministère avait prévu 1 260 places dans les collèges dits nationaux mais seulement 1 050 candidats y étaient éligibles. Les places restantes ont été remplies selon des critères pas toujours transparents. Cette année, le ministère a prévu 1 700 places dans ces collèges nationaux. Manifestement, il n?y aura pas autant de candidats possédant les quatre A+ nécessaires pour s?y inscrire. Comment se fera alors l?allocation de ces places tant convoitées ?
Mais au-delà de ces chiffres, il y a des questions de fond qui se posent. Il faut engager la réflexion sur la raison d?être du CPE mais également réfléchir, plus en profondeur, sur le contenu de l?enseignement à dispenser aux élèves mauriciens. Nous accumulons trop de retards sur ces questions.
En décembre dernier, un document préparé par un comité officiel présidé par Pritam Parmessur, l?ex-directeur du MIE, avait recommandé l?élimination du CPE d?ici 2012. « On ne peut se permettre de laisser 30 à 40 % de nos enfants sur le pavé à la fin du primaire», s?insurgeait-il. Ce document, «Towards a quality curriculum ? strategy for reform», proposait une réforme par phases pour éliminer l?horreur du CPE. Non seulement le gouvernement n?en parle plus, mais le principal rédacteur du rapport a, depuis, été évincé. Il est tenace cet examen du CPE.
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