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Inquiétudes concernant un groupe hongkongais

2 mars 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

APRÈS la fermeture définitive de Summit Textiles, dont la dernière usine cessera d?opérer à la fin de mars, les milieux de l?industrie textile, tout comme les autorités gouvernementales, nourrissent de vives appréhensions concernant une autre entreprise hongkongaise employant 4 000 personnes.

Le sort de ce groupe coté à la Bourse de New York alimente les conversations depuis plusieurs jours dans ces mêmes cercles. Les milieux bien informés soulignent qu?officiellement aucune décision n?a encore été annoncée par l?entreprise. Il semble cependant qu?elle a engagé une profonde réflexion sur son avenir et analyse toutes les options.

Toutefois, compte tenu de sa taille et des importants investissements réalisés dans le pays, le groupe hongkongais pourrait être à la recherche d?éventuels repreneurs, du moins pour une partie de ses opérations dans l?île.

Déboires africains

Ce groupe avait essuyé des pertes à Madagascar dans le sillage de la crise politique qui a prévalu dans ce pays. A la suite de ces événements, le groupe s?était implanté en Afrique du Sud où il a également enregistré des pertes. L?appréciation du rand sud-africain a notamment joué contre lui.

Les pertes du groupe à Maurice ont été contenues mais l?accumulation de mauvais résultats, d?abord à Madagascar puis en Afrique du Sud, ont sans doute motivé une révision de la stratégie au quartier général à Hongkong.

Les groupes textiles honkongais implantés dans l?île ont depuis quelque temps déjà tiré la sonnette d?alarme quant à leur survie à Maurice. La hausse des coûts de production, le vieillissement de la main-d?oeuvre et le manque de matières premières sont perçus par les patrons hongkongais comme des désavantages. La faiblesse du dollar est venue corser une situation déjà complexe. Ces entreprises exportent exclusivement sur le marché des Etats-Unis.

Par ailleurs, avec l?entrée de la Chine dans l?Organisation mondiale du commerce (OMC) et le démantèlement de l?accord multi-fibre en janvier 2005, l?attrait de ce pays pour les groupes honkongais est quasi irrésistible.

L?année dernière déjà, le groupe Esquel a fermé Leisure Garments occasionnant 3 300 pertes d?emploi. Summit Textiles avait fermé une partie de ses usines et boucle le processus ce mois-ci.

Au début de l?année, sept groupes hongkongais avaient écrit au Congrès américain pour réclamer une dérogation pour le pays afin que nous puissions importer des matières premières hors de la région et bénéficier quand même d?un accès hors taxes sur le marché américain.

Cette démarche avait été perçue comme un témoignage de l?engagement des groupes textiles hongkongais pour Maurice. On pouvait aussi la considérer comme la tentative de la dernière chance. Le patron de Sinotex, Edmund Lau, avait déclaré à l?express qu?une telle dérogation représenterait un ballon d?oxygène pour les entreprises hongkongaises mais que dans cinq ans au maximum elles partiraient. Avec la dérogation du third country fabric les vêtements mauriciens obtiendraient un avantage de 18 % sur les prix.

Elimination des quotas

Les groupes textiles de Hongkong sont venus à Maurice dans le but d?exploiter les quotas d?exportation qui existaient alors sur le marché américain. Avec l?élimination des quotas, une bonne partie de l?incitation à opérer dans le pays disparaît également. Les coûts de production en Chine sont moins élevés même si une éventuelle réévaluation de la monnaie chinoise risque d?éroder quelque peu ces avantages.

Il reste encore sept groupes hongkongais en opération dans l?industrie textile-habillement du pays. Ils représentent 25 % de la main-d?oeuvre du secteur et la moitié des exportations de vêtements sur le marché américain.

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