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Inquiétude chez les fabricants de barres de fer de construction
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Inquiétude chez les fabricants de barres de fer de construction
Vent de panique dans les fabriques de fer de construction. La baisse de 15 % des droits de douane sur les barres de fer annoncée dans le budget a été accueillie comme une douche froide par les opérateurs. Ces derniers estiment que cette mesure ouvrira les portes à l’importation et la concurrence sud-africaine, mettant ainsi en péril l’industrie locale.
Le Joint Economic Council (JEC), la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) et l’association des manufacturiers mauriciens (AMM) suivent le dossier de très près. “Nous sommes en dialogue étroit avec les autorités pour trouver une solution juste à ce problème et nous sommes confiants d’y arriver”, explique un membre influent de l’association patronale.
Les opérateurs, à savoir Desbro, Samlo et Consolidated Steel ont envoyé une lettre datée du 12 juin, au ministre des Finances pour exprimer leurs craintes face à une telle décision. Selon eux, l’importation des bars de fer risque de mettre en péril des centaines d’emplois. A elles trois, ces entreprises emploient plus de 1 500 personnes.
Les craintes ont surgi lors de la présentation du budget du ministre des Finances, Rama Sithanen. Ce dernier a en effet annoncé que les droits de douane sur les barres de fer de construction seront ramenés de 30 % à 15 % pour les produits finis. Pour les fers importés en bobine, les droits de douane passent de 30 à 0 %.
Le problème est donc double pour les fabricants de fer. D’une part, avec la réduction des droits de douane sur les produits finis, la concurrence des fers de construction importés d’Afrique du Sud est plus pressante et ils auront du mal à y faire face.
D’autre part, l’importation de fers en bobine devient une activité intéressante pour n’importe quel opérateur avec l’abolition des droits de douane sur ce type de fer. Il lui suffira d’acheter un équipement spécial pour dérouler la bobine.
Spectre du dumping </B>
Chez Desbro, on explique que cette détaxe vient bouleverser ses plans. L’entreprise a investi Rs 30 millions l’année dernière et compte poursuivre son programme de modernisation afin d’être prête en 2008. C’est à cette date en effet que le fer de construction allait être libéralisé selon le calendrier établi dans le cadre du protocole commercial de la Southern African Development Community.
“Les échéances n’ont pas été respectées. Cela ne nous donne pas le temps pour faire les aménagements afin d’être capables de résister à la concurrence des fers importés”, déclare Ranjiv Ramdoo, directeur général de Desbro.
Même son de cloche chez Consolidated Steel. “La baisse des droits de douane met en péril les emplois. Cela favorisera davantage les commerçants que les industriels”, déclare Salim Joonas, le directeur .
Selon nos indications, une entreprise sud-africaine se positionne déjà pour jouer un rôle de leader sur le marché du fer de construction. Ceux qui suivent ce dossier n’hésitent pas à brandir la menace du dumping qui ferait disparaître l’industrie locale.
Samlo Ltd qui n’importe pas de matière première et recycle les déchets métalliques pour les transformer en fer de construction, et un des signataires de la lettre commune au ministre des Finances, estime que “le marché doit être ouvert à tout le monde”. “La compétition est une bonne chose”, soutient Rajiv Gowressoo, son directeur.
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