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Inondations : les torts sont partagés
C?est la saison la plus attendue. Mais c?est aussi une des plus redoutées de la population. En effet, la saison des pluies est synonyme de réalimentation des réservoirs en eau. Mais les inondations et débordements qu?elle provoque en même temps sont cause d?ennui et d?émoi pour les habitants des régions vulnérables.
Par régions vulnérables, il faut comprendre celles qui n?ont pas un système planifié de cours d?eau. ?C?est une affaire de planification rurale et urbaine et un problème d?entretien des installations existantes?, fait remarquer en ce sens un architecte. Toutefois la responsabilité est partagée. Les habitants doivent d?autre part s?interroger sur certaines de leurs pratiques.
Du ministère des Utilités publiques à celui de l?Environnement en passant par les autorités et services intermédiaires comme les municipalités ou la Water Resources Unit, on assure mettre les bouchées doubles pour gérer le déluge qui frappe certaines localités, notamment les faubourgs nord de la capitale, mais aussi d?autres régions.
L?élément central du problème est connu. C?est une question de planification, d?entretien et de civisme. Les règles sont à respecter, qu?il s?agisse de constructions privées, de grands lotissements, de zones industrielles, aussi bien en régions urbaines que rurales. Mais force est de constater que des constructions se font dans des zones potentiellement inondables. Et la question se pose automatiquement de savoir qui délivre les autorisations. D?autres interrogations surgissent, tout aussi essentielles.
Les inondations peuvent être causées par de nombreux facteurs. Soit une absence de drains, soit une capacité d?évacuation insuffisante des drains existants ou encore des drains obstrués par les immondices. ?Lorsqu?il est question d?absence de drains, il faut voir quels sont les bassins versants qui contribuent aux inondations et comment les évacuer. Dans certaines régions, il y a un problème d?accumulation d?eau due à des drains inefficaces ou mal entretenus. Mais cela peut aussi être provoqué par des déchets et d?autres objets. Dans ce dernier cas, on a déjà retrouvé un réfrigérateur qui causait le débordement. Mais ce qui obstrue énormément les canaux, ce sont les pneus usagés?, explique Michel Patté, l?un des directeurs de Gibb Mauritius Ltd.
Ce bureau d?ingénieurs-conseil en génie civil a déjà réalisé une Land Drainage Study dont les principales recommandations sont mises à exécution par la Water Resources Unit et la National Development Unit, entre autres. Il ressort de cette étude qu?une centaine de sites nécessitent une intervention rapide à travers l?extension du réseau existant ou la construction de nouveaux drains.
Pour Michel Patté, le problème ira en s?accentuant. Explication du conseiller : ?Quand il pleut sur une surface goudronnée, c?est, pour un mètre cube d?eau, une bonne quantité d?eau qui inonde les cours. Par contre, en forêt par exemple, pour chaque mètre cube d?eau, c?est 0,8 mètre cube d?eau qui est absorbé par la terre. Ce qui implique que si on construit partout, c?est davantage d?eau qui va s?accumuler un peu partout.?
Le ministère de l?Environnement assure, pour sa part, entreprendre une action en deux volets. ?On a investi massivement pour un meilleur système de gestion et d?entretien mais on a aussi sensibilisé la population. Les investissements ont pour but l?amélioration de la qualité de la vie. Pour être efficaces, les investissements doivent être accompagnés d?un changement dans les habitudes. Les projets d?embellissement de l?environnement tendaient en ce sens car ils suscitent une certaines responsabilisation chez les citoyens. Parallèlement, il a aussi fallu créer la police de l?Environnement pour faire respecter les règles qui ont été introduites?, explique le ministre de l?Environnement, Rajesh Bhagwan.
?L?État seul ne peut tout réaliser?
A ce jour, des amendes totalisant quelque Rs 2 à Rs 3 millions ont été payées en cour. ?C?est une stratégie qui est en train de produire des résultats. Il y a ainsi moins de cas d?illegal dumping. Mais l?État seul ne peut tout réaliser sans un partenariat avec la population. Les lois ont été durcies, le système de collecte d?ordures a été affiné, des décisions de politique générale ont été prises. Pour des résultats effectifs, il faut une plus grande responsabilité des citoyens. C?est un travail de longue haleine?, précise le ministre Bhagwan.
Le fait demeure qu?en périodes de grosses averses, malgré les investissements, il y a un retard à rattraper concernant le système de drains. ?Il y a aussi certaines autorités qui ne s?en soucient guère. A long terme, nous réussirons mais, pour l?immédiat, il faut continuer à développer de nouveaux réflexes. Par exemple, si nous nous mettons à ramasser les ordures que d?autres jettent, nous pourrons provoquer une prise de conscience chez eux?, fait ressortir le ministre de l?Environnement.
Civisme, respect de l?environnement, responsabilisation personnelle, planification et entretien? Ce sont les maître-mots d?une approche qui nécessite la participation de tous.
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