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Ingrid Betancourt passe un quatrième Noël en captivité
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Ingrid Betancourt passe un quatrième Noël en captivité
Clara Rojas, chef de campagne d'Ingrid Betancourt, est depuis 1400 jours l'otage des guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Le 23 février 2002, elle accompagnait à contrecoeur la candidate présidentielle des Verts sur la route qui va de Florencia à San Vicente del Caguan (Sud). L?armée les avait prévenues du danger. En apercevant de loin le barrage monté par la guérilla, Ingrid Betancourt a refusé de faire demi-tour.
Les deux femmes passent leur quatrième Noël en captivité, perdues quelque part dans les montagnes de Colombie. Pour tout signe de vie, les FARC ont fait parvenir d'elles deux vidéos, la dernière remonte à août 2003. Amaigrie, Ingrid Betancourt y était comme à l'accoutumée déterminée et combative. Clara Rojas donnait l'image d?une femme brisée par l?épreuve.
?Ingrid a de la chance, elle sait que les gens pensent à elle en France. Les autres otages pourrissent dans l?oubli?, déplore Gustavo Moncayo. Son fils soldat a été fait prisonnier, avec un de ses camarades, au cours d'une attaque menée par les FARC en décembre 1998. Mardi 20 décembre, une messe a été célébrée pour commémorer leurs huit ans de captivité, une vingtaine de personnes y assistait. ?L?indifférence est presque aussi douloureuse que l?absence?, soupire Gustavo Moncayo.
Accablée de tristesse, Clara Rodriguez, la mère de Clara Rojas, se garde de tout jugement, répétant d?une voix menue : ?Je remercie tous ceux qui se soucient de la libération de nos enfants.?
Vendredi soir à 23 heures, Gustavo Moncayo et Clara Rodriguez assistent à l'émission radio ?Les voix du kidnapping?, un programme hebdomadaire qui donne aux familles la possibilité d'envoyer des messages à leurs proches retenus en otages. Comme tous les ans, la dernière émission de l'année sera transmise depuis la place Bolivar, le centre politique de Bogota. Son animateur, Herbin Hoyos, veut croire que la lumière pointe au bout du tunnel.
Le 13 décembre, sur une proposition de la France, le président colombien Alvaro Uribe a accepté le principe d'une ?démilitarisation temporaire? de 180 km2 dans le sud du pays pour rencontrer les émissaires des FARC et tenter de négocier la libération des otages politiques. Leurs familles attendent que les FARC se prononcent à leur tour.
?Une éventuelle négociation des otages politiques ne peut faire oublier le sort des centaines de kidnappés que les FARC ont enlevés pour exiger le paiement d'une rançon?, rappelle-t-on à la fondation Pais Libre, une association qui lutte contre les enlèvements. Mais, là aussi, un certain optimisme règne.
Les chiffres confirment la baisse du nombre de cas enregistrés, passé de 698 en 2004 à 339 au cours des 11 premiers mois de l?année 2005. Responsables de 180 enlèvements, les guérillas d'extrême gauche restent les principaux kidnappeurs du pays, suivies de la délinquance ordinaire (85) et des groupes paramilitaires d'extrême droite (24). Dans 47 cas, les auteurs des enlèvements n'ont pu être identifiés par les autorités.
La réduction du nombre des enlèvements constitue un indéniable succès de la politique sécuritaire du président Alvaro Uribe. Mais le sort d'Ingrid Betancourt, de Clara Rojas, du fils de Gustavo Moncayo et de tant d'autres en rappelle douloureusement les limites.
Marie DELCAS
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