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Inflation : la perception des faits
Après le chiffre du chômage, c?est au tour du pouvoir d?achat des consommateurs de devenir source de polémique. La population se plaint des augmentations de prix jugées exagérées. Le gouvernement renvoie tout le débat à une question de perceptions. Les faits sont complètement différents, soutiennent les ministres, qui avancent l?argument du faible taux d?inflation.
L?économie a réalisé en 2003 un taux d?inflation de 3,9 %, soit le taux le plus bas de ces dernières années. Pourquoi donc cette perte du pouvoir d?achat continue du consommateur ? Une baisse de l?inflation ne veut nullement dire baisse générale des prix. Elle implique tout simplement que le rythme avec lequel les cours augmentaient est atténué. En d?autres mots, les prix maintiennent leur cap à la hausse mais à une vitesse décroissante.
L?inflation est la fonction d?une variation relative de l?indice des prix (?Consumer Price Index??CPI) d?une période à une autre. Dans plusieurs pays, dont Maurice, le taux d?inflation est calculé en comparant la moyenne annuelle de l?indice d?une année à une autre. Le panier des ménages constitué par le Central Statistics Office (CSO) est un échantillon de la totalité des biens et des services faisant partie de la consommation. L?évolution des prix des items du panier est ainsi répercutée sur l?indice des prix, l?impact dépendant du poids relatif des éléments constituant au sein de l?échantillon.
Le CPI est passé de 104,8 points en décembre 2002 à 108,9 points en décembre 2003, soit une hausse de 4,1 points (3,9 %). Des effets statistiques ne sont pas à écarter dans une explication autour du faible taux d?inflation. Les taux des années précédentes ont été relativement élevés les années précédentes : 5,4 % en 2001 et 6,4 % en 2002. Si l?on part des bases élevées, la tendance des prix à la hausse perd son momentum, du moins statistiquement, en période de stabilité relative des cours.
Par ailleurs, les effets des dernières augmentations de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA), un des principaux facteurs de la flambée des prix ces dernières années, ont déjà été absorbés dans le panier et n?agissent plus en tant que vecteur sur les variations du CPI.
L?inflation n?est pas une mesure directe du coût de la vie. Il n?y a donc aucun paradoxe entre les perceptions d?un pouvoir d?achat en érosion et un environnement où les pressions inflationnistes sont sous contrôle, comme c?est le cas actuellement. Le consommateur perçoit le ?headline inflation? différemment. Il est davantage intéressé par les mouvements des prix individuels, alors que l?inflation est, elle, définie comme une hausse continue du niveau général des cours.
L?économie doit cependant se réjouir d?une inflation basse. L?autre bataille est de la maintenir à ce niveau de manière durable. Un environnement de ?low and stable inflation? accorde une meilleure visibilité aux entreprises et aux ménages, et permet une meilleure planification des projets d?avenir. A moins d?un choc des cours, la Banque centrale prévoit que le taux d?inflation se stabilisera autour du taux de 3,9 %. Elle maintient ainsi sa politique de répit monétaire qui se traduit par des baisses successives du taux d?intérêt.
Malgré les perceptions de part et d?autre, le gouvernement fait des envieux ailleurs dans le monde. Il est parvenu à mettre la croissance économie sur une trajectoire ascendante (4,4 % en 2003 contre une prévision de 5,1 % pour 2004) tout en maîtrisant les forces inflationnistes.
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