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Inefficience du port : Menace d?augmentation du fret
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Inefficience du port : Menace d?augmentation du fret
Le spectre d?une augmentation du fret plane à nouveau sur le port. Trois lignes maritimes, Maersk, CGM-CMA et la Mediterranean Shipping Corporation ? qui contrôlent 95 % du trafic de transbordement ? envisagent de recourir à une augmentation de leurs frais s?il n?y a aucune augmentation de la productivité d?ici le 15 mai. Ces compagnies disent en effet avoir noté une baisse constante dans le mouvement de conteneurs dans les différents terminaux.
Pour l?instant le montant de l?augmentation des frais n?a pas été déterminé. La décision sera prise à la lumière de l?évolution de la situation dans les prochains jours.
A la fin de 2007, les sociétés maritimes avaient menacé d?appliquer une surcharge sur les conteneurs destinés à Port-Louis en raison de la congestion. Mais par la suite elles se sont ravisées à condition que la productivité augmente.
Or, dans une lettre adressée, il y a quelques jours, à Xavier-Luc Duval, ministre des Communications extérieures, les trois compagnies maritimes soulignent que la tendance à la baisse a été constante depuis janvier, contrairement à leurs attentes. Ils auraient noté, par exemple, entre neuf et douze mouvements par heure au Mauritius Container Terminal au lieu des 15 prévus par heure. Résultat : les coûts d?opération augmentent pour pouvoir respecter les délais d?arrivées dans d?autres ports, les services sont perturbés et la rentabilité est affectée.
«A cause du faible taux de productivité nous avons perdu 75 % de notre business de cabotage entre Port-Louis et les ports de la région depuis le début de l?année. Des navires ont décidé de faire le transbordement à Madagascar et à La Réunion au lieu de venir à Port-Louis», dit Xavier d?Unienville, Managing Director de Scott Shipping Co. Ltd.
Des tarifs pas révisés
«Nous sommes en train d?encourir d?énormes pertes, ajoute-t-il. C?est inacceptable, car nombreux sont des navires qui ont évité de faire escale à Port-Louis ces trois derniers mois.»
Effectivement, de décembre 2007 à mars 2008, pas moins 23 navires ont annulé leurs escales à Port-Louis, notamment dix de la CMA-CGM, neuf de MSC et quatre de Maersk.
Les trois sociétés estiment que les augmentations de tarifs de transbordement depuis le début d?avril ? qui varient entre 71 % pour les conteneurs de 20 pieds remplis et de 200 % pour les 40 pieds vides ? n?ont pas été suivies d?une hausse de productivité.
Sur cette question, Archimède Lecordier, directeur général de la Cargo Handling Corporation (CHC), précise que les tarifs étaient très bas et n?ont pas été révisés depuis longtemps.
«Nous leur avons dit qu?il faut une période d?adaptation de deux mois après l?entrée en opération des deux nouveaux portiques, et qu?il faudra attendre le 15 mai pour voir les résultats. Il y a des instructeurs français qui sont venus pour la formation des opérateurs de portiques, et il faut une période d?adaptation pour le nouveau système informatique des opérations», dit-il.
Du côté de la Port Louis Harbour and Docks Workers Union, José François, le président, estime «que le syndicat apporte toute sa contribution pour augmenter la productivité».
«Il faut voir les choses dans leur ensemble. Il faut un deputy general manager pour les opérations, et réorganiser le management à la CHC. Il y a des mesures correctives à prendre pour améliorer son fonctionnement».
Objectifs atteints
Point de vue partagé par des compagnies maritimes. Mais sur ce point Archimède Lecordier rétorque : «Ces mesures correctives ont été prises pour augmenter la productivité. L?évolution de la productivité de ces trois dernières semaines indique que les objectifs souhaités par les compagnies maritimes seront atteints.»
Or, le faible taux de productivité est attribué en grande partie à l?insuffisance des équipements à terre, notamment des grues, des chariots-élévateurs et des tracteurs-remorques. Pour cette raison, Maersk, CMA-CGM et MSC estiment que le choix d?un partenaire stratégique tarde beaucoup trop. Ce partenariat apportera les fonds d?investissements nécessaires dans l?achat de ces équipements, et un volume additionnel de conteneurs de transbordement dans le contexte de l?ambition de Port-Louis d?être un «hub» régional. Sans compter que 280 millions d?euros d?investissements sont prévus à La Réunion. Le problème d?infrastructure portuaire a été d?ailleurs souligné dans un récent document de la Mauritius Commercial Bank (MCB), le MCB Focus.
«C?est vital qu?une décision soit prise le plus rapidement possible au sujet du choix du partenaire stratégique. C?est une question d?intérêt national. Car il faut que le port soit performant pour éviter le risque que les lignes maritimes aillent transborder les marchandises dans d?autres ports», estime Brajen Hazareesingh, président de l?Association des agents maritimes.
Le risque existe, d?après la lettre des trois sociétés, que des compagnies maritimes revoient non seulement les activités de transbordement mais aussi la façon de desservir Port-Louis. Avec un effet éventuel sur le coût du fret et la compétitivité de Port-Louis. D?autant plus que la productivité à Port-Louis est inférieure à celle de Durban et de Tamatave.
D?ailleurs en raison de la lenteur des opérations à Port-Louis, des exportations à destination d?Europe et des États-Unis ont raté les ports de connexion. Raison qui pousserait des acheteurs de produits mauriciens à considérer la possibilité de trouver d?autres sources d?approvisionnement. Ce qui pourrait avoir des conséquences néfastes pour le développement économique.
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