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Indur Fagoonee, vice-chancelier de l?université de Maurice
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Indur Fagoonee, vice-chancelier de l?université de Maurice
● On a diagnostiqué depuis des années les difficultés du supérieur. Pourtant les réformes tardent. Pourquoi ?
Le contexte est difficile. On ne sait pas sur qui mettre la responsabilité de ce retard. Pourtant, on affirme qu?on veut imiter le modèle singapourien et jouer le rôle de ?knowledge hub?. Or rien n?a été fait. On a investi dans le primaire et le secondaire mais pas dans le supérieur. Je peux comprendre qu?il y ait un problème de budget. Mais je constate aussi que le budget par tête d?étudiant de l?université de Maurice (UoM) a baissé de 40 % ces sept dernières années. Si nous voulons garantir le service, il va falloir investir dans les ressources, humaines, matérielles, infrastructurelles?
● Comment s?en sortir ?
Ceux qui ont les moyens doivent payer. Ceux qui n?en ont pas doivent toujours, selon différentes formules, avoir accès à l?enseignement supérieur. Le gouvernement encourage l?implantation des institutions étrangères. Or, dans les faits, il n?y a pas eu grand-chose même si on a enregistré beaucoup de manifestations d?intérêt. Ce qui me gêne aussi chez la plupart de ceux qui viennent, c?est qu?ils proposent des ?soft courses?, style management, business, où il suffit de louer une salle. Toutefois, pour les cours de nursing, engineering, où il faut un investissement infrastructurel, il n?y a pas grand-chose de fait. On entend parler de gros qui vont venir. Mais on attend encore !
● N?aborde-t-on pas trop le supérieur de manière parcellaire au lieu d?une approche globale ?
Tout à fait. Il faut une approche holistique. On attend le White Paper depuis 7-8 ans mais il n?arrive pas. Il devrait traiter les problèmes de façon globale. Et jusqu?ici, on ne nous a même pas consultés. Si on continue à fonctionner chacun de son côté, on ne parviendra pas à une solution globale.
● Est-ce que nos programmes d?études sont adaptés aux défis de demain ?
Oui. Nos programmes sont développés en collaboration avec l?Advisory Committee qui est composé, entre autres, des acteurs représentant les différents secteurs d?activités du pays. C?est un processus dynamique qui permet de répondre aux besoins du présent et à venir. Il y a ainsi des cours qui apparaissent et d?autres qui y disparaissent. Nous avons, dans le même ordre d?idées, un partenariat actif avec de grands groupes d?affaires. Mais l?université reste quand même l?université. Nous n?avons pas de vocation professionnelle ou polytechnique.
● Le niveau de l?enseignement à l?UoM est souvent pris comme cible. Comment réagissez-vous à cela ?
C?est facile de faire des critiques surtout quand il s?agit du made in Mauritius. Je peux vous garantir que nos étudiants, lorsqu?ils quittent l?UoM pour poursuivre leurs études à l?étranger, figurent parmi les meilleurs. Nos ?external examiners? sont très satisfaits de notre niveau. Nos profs sont recrutés selon des règles rigoureuses.
● L?UoM subit-elle des pressions pour accueillir davantage d?étudiants de tels ou tels groupes sociaux ?
Oui, mais je ne dirais pas que ce sont des pressions ou des lobbies. On nous demande de faire un effort pour admettre plus d?étudiants. C?est dans le sens de la démocratisation. L?objectif étant, comme l?a dit quelqu?un, d?avoir un diplômé dans chaque famille. C?est une requête tout à fait légitime et, dans la mesure du possible, on essaie d?accommoder ce qu?on peut.
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