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?Indradhanush? rend hommage à Marcel Cabon et au Pandit Kishtoe
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?Indradhanush? rend hommage à Marcel Cabon et au Pandit Kishtoe
PAHLAD RAMSURRUN, initiateur de la seule revue littéraire mauricienne trilingue, Indradhanush, signifiant l?Arc-en-Ciel, rédigée en anglais, français, et hindi, réussit un nouvel exploit, comme annoncé dans l?express Culture du 8 septembre 2003 : celui de lancer, à deux jours d?intervalle, deux nouveaux numéros. Pandit Cashinath Kistoe, A Missionary of extraordinary zeal, (voir plus loin) a été lancé hier au Vacoas Arya Samaj, Aryan Vedic Aided School et Marcel Cabon, A Mauritian poet of transcendent genius, sera présenté demain à la salle du Conseil municipal de Beau-Bassin-Rose-Hill.
C?est le geste éloquent de mémoire envers des valeurs reléguées à une ombre imméritée. Ce fut le cas pour Robert-Edward Hart en 2001, et Malcolm de Chazal en 2002. Aucune raison plausible n?aurait dicté le choix d?éditer parallèlement Cabon et Kistoe; l?un, établi dans la mémoire collective, comme journaliste et littéraire de tout premier plan; et l?autre, le missionnaire par excellence. Pahlad Ramsurrun n?y voit qu?une coïncidence. Mais, à notre avis, la coïncidence n?existe pas lorsqu?il s?agit d??initiés?.
Et, l?éditeur lui-même, trouvera après coup, un lien indéniable entre ces deux hommes. Le Pandit est le fondateur du Mouvement Arya Samaj à l?île Maurice. Alors que Cabon cite en exergue de son roman Namasté, un extrait du Satyârtha Prakâsh ? La Lumière de la Vérité ? ?uvre du Swami Dyananda Sarasvati, fondateur de l?Arya Samaj à Bombay, en 1875. A la page 9, l?éditorialiste écrit : ?It seems, Cabon did not only read the Magnum Opus, but churned it, drew out its cream and placed it as a quote at the beginning of his book.?
Fait surprenant, aucun des éminents écrivains et historiens, dont Munindranuth Varma, Jaynarain Roy, Malcolm de Chazal, Abhimanu Appadu, Anand Mulloo ?, qui saluèrent à sa sortie en 1965 Namasté? reconnu comme son chef-d??uvre ?, ne fit allusion à ce passage. Il semble tout autant échapper aux exégètes du jour. En voici le contenu. ?Après l?accouchement, la mère et l?enfant feront l?objet de soins attentifs. Lorsqu?ils auront été baignés dans de l?eau tiède et parfumée, lorsque la chambre sera parfaitement propre, on accomplira le homa.
?Puis, le père dira ces paroles dans l?oreille droite de l?enfant : ?Ton nom est Veda.? Ensuite, il trempera un stylet d?or dans un mélange de miel et de beurre clarifié et, sur la langue du nouveau-né, il écrira la syllabe AOM. L?enfant pourra lécher un peu de cette mixture sur le stylet, après quoi il sera remis à sa mère.?
AOM, syllabe sacrée, est le plus grand nom de Dieu; Veda, le plus ancien des livres sacrés des Hindous, et Homa, un rite religieux où l?on brûle des substances odoriférantes en répétant un mantra ? formule sacrée ? spécifique aux Vedas, en guise d?oblation. Cela purifie aussi l?atmosphère. Ce rite est en liaison directe avec le dénouement de la thématique de Namasté.
Accomplissements
Mémoire de l?immémoire, Ramsurrun retrace de façon exhaustive, tout en les analysant en profondeur, les diverses facettes de l?homme, de l?écrivain, et de ses accomplissements. Il offre les pages de sa revue à des plumes notoires : André Masson, qui parle du poète et critique; Pierre Renaud, qui lui, traite du roman La Séraphine, Kissoonsing Hazareesingh, Jean-Baptiste Mootoosamy, Anand Mulloo, Malcolm de Chazal, Emmanuel Juste, Shakuntala Boolell, Jehan Zuel?
Nos efforts répétés n?auront pas réussi, lors du centenaire de la naissance de Malcolm de Chazal, à convaincre la ville de Curepipe de donner son nom, ne serait-ce qu?à une allée du Jardin Botanique de Curepipe, où il vécut son illumination, ville où il a vécu sa longue vie. Pouvons-nous espérer que le geste de Pahlad Ramsurrun rappelle aux décideurs que Marcel Cabon est né le 29 février 1912 ? ou le 26 mars, selon son acte de naissance ? à la rue Théodore Sauzier, à Curepipe ?
Les éditions 2004 d?Indradhanush traiteront de Dookhee Gangah, philanthrope, et d?Aunuth Bheejadhur, historien, journaliste et écrivain. Il fut le premier ministre de l?Education de l?île Maurice.
Disponible à Rs 75 dans les grandes librairies de l?île.
Pleins feux sur le Pandit Cashinath Kistoe
- Lancé hier au Vacoas Arya Samaj-Aryan Vedic Aided School, ?Pandit Cashinath Kistoe, A Missionary of extraordinary zeal?, fait l?objet d?une édition spéciale de la revue trilingue, ?Indradhanush?. Pandit Cashinath Kistoe (4 juin 1884-18 avril 1947) est le fondateur de la société des Arya Samajistes, enregistrée officiellement à Maurice en 1913. Fondée en Inde en 1875 par le Swami Dayananda Sarasvati, cette philosophie trouve ses origines à Maurice avec un Cipaye Bengali du 1er régiment arrivé dans l?île en 1898.
Pandit Cashinath Kistoe était le premier missionnaire à avoir étudié au Dyanand Anglo Vedic College de Lahore en Inde (1911-1915). Il est installé dans la mémoire collective comme le missionnaire par excellence. Mais il avait plusieurs facettes à sa personnalité. Cet homme religieux était un fervent politicien. Il était aussi un peintre à ses heures ? tout comme l?était Marcel Cabon. Ce n?est pas là le seul point commun entre les deux hommes : ils ont tous les deux exercé la profession de journaliste et ont été des novateurs. Kistoe avait fondé en 1928 la société Arya Prartimithi Sabha, qui avait pour organe l??Arya Vir?, d?expression hindi, signifiant ?un homme fort?. Il résumait, si l?on peut dire, un mouvement culturel, littéraire, social, et réformateur. En ce sens, l?organe était aussi un moyen détourné pour former les jeunes à la littérature. Marcel Cabon avait pour sa part fondé, en 1950, le Cercle Rémy Ollier, que fréquentaient de jeunes intellectuels.
On verra, par la suite, en 1965, l??Aryo Day?, dont le rédacteur étati Mohunlall Mohith, servir d?organe à l?Arya Sabha pour l?enseignement du hindi. Rappelons que Pandit Cashinath Kistoe avait enseigné le hindi au Dr Curé, à Hugh Otter-Barry, à Albert Rangasamy entre autres, des personnalités de premier plan¸ Un enseignement qui eut souvent lieu dans les ?baïtkas?. On retrouve dans le ?Namaste? de Cabon ce lieu où le Pandit, le savant ou le lettré, transmet ses connaissances, un haut lieu d?éducation et de culture. Kishtoe est aussi associé au ?Patrika?.
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