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Indiens de naissance?

31 janvier 2004, 20:00

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Indiens et Mauriciens sous la même latitude. Un cocktail réussi, a t-on envie de dire. Les chiffres montrent qu?environ 7 000 Indiens ont posé leurs valises et résident ici, certains pour quelques mois, d?autres pour un an, pour cinq ans?pour la vie. Petit à petit, ils tissent leur toile, apprennent à polir les angles à tel point qu?on n?entend presque plus l?expression « cabri l?Inde ».

On les trouve en fait dans tous les domaines : l?informatique, la banque, la santé, la restauration, l?enseignement, la construction, les affaires?À en croire tous ceux que nous avons interrogés, ce qui les enchante ici, ce n?est pas seulement le fait d?avoir un travail, plus ou moins bien rémunéré, mais aussi la douceur de vivre qu?ils trouvent faite de mille détails. « Le rythme est infernal en Inde, il y a la pollution, un manque d?espace. Ici c?est plus calme, il y a moins de pression », explique Bagwa Ramful. « Maurice n?est pas forcément une destination de choix pour les professionnels, peu importe le pays d?origine. Cependant, une fois qu?on y est, on l?apprécie à sa juste valeur pour sa qualité de vie, la sécurité, sa beauté naturelle, sa société multiculturelle, bref un bon équilibre entre le travail et le plaisir », estime Pratik Ghosh, associé de DCDM Consulting. « Les gens sont gentils, accueillants », confie Ranjita Bun-waree. Dans certains secteurs on parle de bon salaire, dans d?autres d?opportunités de briguer de hautes fonctions.

Eldorado ou pas, les Indiens créent, entreprennent, s?exportent, se mondialisent. Ils se fondent dans le paysage mauricien et font une extraordinaire mosaïque de visages, de tempéraments, de caractères. Comme le dit Pratik Ghosh : « Pour un Indien, l?adaptation se fait tout naturellement vu qu?on partage la même culture, les mêmes valeurs ». Ils restent pour la plupart attachés à leurs racines. Certains ne fument pas, ne boivent pas, mangent végétarien, ne portent que le sari ou le kurta. Ils effacent les distances, autrefois par les aérogrammes bleus. Maintenant il y a le téléphone, Internet. Ceux qui sont installés définitivement éprouvent le besoin de se ressourcer dans leur patrie au moins une fois tous les deux ans. Tous ces ingrédients réunis font que les Indiens se plaisent à Maurice.

Mais on ne peut pas parler de parcours sans embûches. On a vu des Indiens en situation illégale se faire arrêter et expulser dans leur pays. On a archi-lu dans la presse la frustration des ouvriers des usines textiles qui travaillent dans des conditions difficiles ou qui ne sont pas payés. On sait aussi que certains médecins indiens font l?objet de critiques virulentes, à juste raison ou pas.

On dit qu?il faut de tout pour faire une nation : ceux qui ont la tête pleine d?histoires magiques, les yeux baignés de couleurs et qui sont contents à 100 % d?être ici, ceux qui se plaignent de la petitesse du pays, des facilités qui manquent, de la cherté de la vie, de l?exploitation humaine. Il y a aussi les autres, dont le c?ur balance et qui ont constamment un pied à Maurice, un autre en Inde et qui ne savent pas où la balance penche le plus.

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