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Indian Flavour
«Je suis jeune, n?est-ce pas? Vous vous attendiez à quelqu?un de plus âgé.» Le débit est rapide, la démarche énergique. Justement, il a quel âge? Il rigole deux secondes, puis nous interroge sur la nécessité de répondre à la question. C?est-à-dire que «pa bon dir laz». Non, parce qu?il est superstitieux, mais «c?est juste que je suis ma culture. Et Panchang dir pa bon». Alors, il se décide à nous donner plutôt une fourchette d?âge. «J?ai entre 24 et 27 ans.» Avec déjà plus de cinq ans de métier en tant que restaurateur.
Dès qu?il finit l?école, il fait son entrée à l?école hôtelière d?Ebène pour étudier la pâtisserie et la gastronomie française.
Puis il ira à Singapour pour un cours de six mois en Hotel Management. Qu?il poursuivra à Maurice.
Le père de Salim, Youssouf, tient une ferme. Salim n?a pas envie de s?y mettre, parce que «sectère poultry pa pou mwa sa». Sans être «gran nwar», assure-t-il. Juste qu?il a fait ses études en restauration. Et qu?avec «le nombre de touristes grandissant, c?était le meilleur choix à faire».
Alors, le secteur de poultry ne sera pas une fin en soi pour Salim, mais un moyen d?atteindre son but. Réalisant que «production dan mo lame».
Quand le Trianon Shopping Park est inauguré, il s?y installe grâce «au groupe IBL qui m?a donné ma chance». Il y ouvre le Tandoori Mahal avec l?aide de son frère Samir qui venait de terminer sa licence en marketing en Malaisie.
Salim, qui «pena background», mis à part des apprentissages dans quelques hôtels, doit se prouver en trois mois chrono. Après quoi il devra quitter le Shopping Park si les affaires ne marchent pas. Les affaires marcheront tellement bien qu?il ouvrira Diwan Saheb spécialiste de somptueux habits de l?Inde à Médine Mews trois ans plus tard, en 2006. Mais il le vendra «ni mon frère ni moi n?ayant le temps de nous y consacrer». Travailler quotidiennement de neuf heures à 23 heures épuise notre homme. «Je me suis dit que si je veux mettre fin à mon célibat, il fallait que j?arrête.»
«C?était une maison. Cela faisait quarante à cinquante ans que c?était fermé. Dès que je l?ai vue, je me suis dit qu?il n?y aurait pas de meilleur emplacement pour ?Chutney?».
Paradoxalement, en 2007, avec un partenaire iranien, il monte un Tandoori Mahal à Dubayy. L?éventuelle élue de son c?ur attendra. Son «prochain challenge», c?est d?ajouter deux restaurants à Mau-rice, histoire d?en faire une chaîne. Le prochain dans le complexe de Phoenix-les-Halles. Et le quatrième à Centrepoint.
En 2003, il fait même une percée dans l?événementiel en tant qu?Events Coordinator au sein de la Mauritius Chefs Association. C?est ainsi qu?il fait venir à Maurice Kumar Sanu, Udit Narayan, Alka Yagnik, Anu Malik, Sunidhi Chauhan? «Sanjiv Kapoor vient bientôt», annonce-t-il. Tout ceci grâce à ses talents de négociateur et ses bonnes relations dans la Grande péninsule qu?il a visitée «quarante à cinquante fois». Qui plus est, sa mère est indienne.
Chutney, c?est un restaurant gastronomique indien qui a élu domicile dans un bâtiment vieux de 300 ans à la rue Mère Barthélemy à Port-Louis. «C?était une maison. Qui est ensuite devenue un piano-bar. Cela faisait quarante à cinquante ans que c?est fermé. Dès que je l?ai vu, je me suis dit qu?il n?y aurait pas de meilleur emplacement pour Chutney.»Grâce à Chutney, celui qui aime «met dialsa» a pu se faire plaisir. Si Salim est fier de ce restaurant gastronomique, Chutney, ce n?est pas que cela. Au premier étage de la bâtisse, il y a le bar, une salle de conférences, une piste de danse. Il s?y attarde. «Vous voyez ça. Ce n?est ni un pub, ni une discothèque. On appelle cela un Indian Music Lounge. C?est le premier à Maurice.» Chutney a pour spécialité la cuisine du Nord de l?Inde. Par exemple, le butter chicken, le tandoori chicken ou le Murg Makhani. «Bref, il y a quelque 150 menus au programme.» A savourer dans un cadre romantique où se côtoient un luxe moderne et le charme vieillot des bâtiments du 19e siècle.
A part un goût pour le dialsa, Salim dit aimer protéger les gens. A la condition que «so figir al dan mwa. Sinon, mo tay so cart. Vous savez comment sont ceux du signe du Taureau!» en éclatant de rire.
Il est né un 7 mai. Le 7 est d?ailleurs son chiffre fétiche. «Mon numéro de maison est le 7. Dans le mot Chutney, il y a sept caractères. Chutney a ouvert le 25. 2 et 5 font 7. La plaque d?immatriculation de ma voiture comporte un 7?» Là encore, il se défend d?être superstitieux. «Tout cela, c?est de la pure coïncidence.»
Salim Sookharry se dit simple, du genre à ne jamais porter de cravate. Franc aussi. En clair, «mo pak pak, blessant ou pas, je m?en moque». C?est également un colérique. «Depuis que j?ai six ans, on a essayé de me changer, sans succès.»
Salim voulait aussi monter une version mauricienne de Relooking Extrême. Mais «berné» par son directeur artistique, il abandonne ce projet. Il en sort frustré mais pas pour longtemps. «Je ne m?attarde pas sur les échecs.»
Aujourd?hui, le plus grand souhait de Salim est de remporter le titre de «Jeune entrepreneur de l?année». «C?est la seule chose qui me manque: un brand pour moi-même. La franchise Tandoori s?est fait un nom. Celle de Chutney s?est fait un nom. Je veux me faire un nom aussi.»
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