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Incidences négatives
Le ministre des Finances avait fait le pari d?un impôt simplifié. Il a éliminé tous les abattements fiscaux ainsi que la progressivité du barème. Une fiscalité plus simple et compréhensible s?en résultera, avait-on promis. En vérité, rarement le contribuable a eu autant de difficulté que cette année à l?heure de payer la taxe. La nouvelle fiche d?impôts s?avère un casse-tête pour lui.
Calculer le montant de ses impôts est rendu complexe car la taxe sur les intérêts bancaires et celle sur les biens immobiliers, qui sont imposées pour la première fois, recèlent de nombreuses zones d?ombre. Ces nouvelles taxes se révèlent finalement plus difficiles à appliquer que les autorités ne l?avaient cru. Il y a des cas de figure qu?ils n?avaient pas imaginés et auxquels il a fallu improviser des solutions. De plus la taxe sur les intérêts bancaires a entraîné des effets négatifs qu?il convient de corriger à l?avenir.
Le prélèvement à la source de l?impôt sur les intérêts bancaires est probablement l?aspect le plus impopulaire du nouveau régime fiscal. Déjà, en juin dernier, l?annonce de cette mesure avait provoqué un mouvement de panique parmi les épargnants. Des observateurs bien informés disent noter en ce moment une nouvelle vague de transferts de fonds vers l?étranger. Il existe une perception, parmi les épargnants, à l?effet que la confidentialité des comptes bancaires n?est pas respectée. Ceux-ci pensent que des informations secrètes sont divulguées aux collecteurs d?impôts.
Le porte-parole de la Commission économique du MMM, Vishnu Lutchmeenaraidoo a attiré l?attention, samedi, sur un indicateur très significatif. Le taux d?épargne a atteint à Maurice une valeur plancher, soit 16 %. Ce chiffre est puisé du rapport officiel du Bureau central des statistiques. La dégringolade du taux d?épargne est une source d?inquiétude pour l?économie mauricienne. Il n?est jamais descendu aussi bas depuis l?indépendance. Ce taux tourne en général autour de 25 % et avait même atteint un pic de 28 % en 1987. Dans les pays asiatiques, où il y a une forte propension à épargner, ce taux peut atteindre jusqu?à 33 %.
En sus de la taxe sur les intérêts, un deuxième facteur a pu contribuer à la baisse du taux d?épargne. Il s?agit de la capacité des ménages de mettre de l'argent ?de côté?. Les classes moyennes se sont appauvries sous l?effet des hausses persistantes des prix. Elles disposent de moins de moins de revenus qui sont susceptibles d?être versés sur un compte d?épargne. D?autant plus que ces mêmes salariés qui constituent le gros des classes moyennes doivent payer une taxe d?habitation nouvelle, la NRPT.
L?ancien ministre des Finances affirme qu?une somme comprise entre 6 et 7 milliards de roupies a quitté le pays depuis les récents changements apportés au régime de taxation. La réforme Sithanen a des avantages certes, mais ses effets collatéraux ne sont pas à négliger.
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