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Inceste: Une adolescente abandonne sa fillette et disparaît
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Inceste: Une adolescente abandonne sa fillette et disparaît
Violée par son père et orpheline de mère, une jeune fille, âgée de 18 ans, a soudain disparu de la circulation en abandonnant son enfant handicapé issu de l’inceste chez des proches. Ces derniers attendent toujours qu’elle donne signe de vie.
Elle n’avait que treize ans. Pourtant, Rukhmina (*), abusée sexuellement par son père à maintes reprises, avait eu le courage de garder auprès d’elle le bébé issu de ce rapport. Actuellement âgée de 18 ans, la jeune maman a quitté le foyer où elle a passé plusieurs années pour regagner le domicile de son oncle. Mais depuis deux semaines, elle s’est volatilisée, en délaissant sa fillette, qui souffre d’un handicap, dans le foyer où elle résidait. Son oncle a rapporté sa disparition à la police de Terre-Rouge, samedi dernier 26 octobre.
«On aime cet enfant. Ma mère et moi sommes prêts à nous occuper de lui avec joie»,confie l’oncle de Rukhmina,un célibataire de 40 ans.Pendant plusieurs années,alors que la mineure vivaitdans un foyer, il jonglait avecdes démarches judiciaires envue d’obtenir sa garde.
Mais ce n’est qu’il y a quatre ou cinq mois que l’adolescente, ayant atteint ses 18 ans, a quitté le foyer, avec son enfant. Elle a résidé chez son oncle et sa grand-mère mais deux mois plus tard, elle est retournée au foyer, lasse de la discipline instaurée par ses proches. Cependant, il y a environ trois semaines, elle est retournée chez sa famille, seule.
Samedi dernier, Rukhmina devait sortir, en disant qu’elle allait chercher un emploi à Port-Louis. Dans la journée, elle devait téléphoner à son oncle pour lui dire qu’elle avait décroché un emploi, sans donner de détails. Mais l’adolescente n’est jamais rentrée.
«Nou gayn boukou traka…», murmure la grand-mère, en s’effondrant enlarmes. Elle devait découvrir peu après que de l’argent avait disparu de la maison.«So ti frer douz an so pension sa», souligne-t-elle. L’oncle souligne qu’il a bombardé de questions la voisine, qui avait accompagné Rukhminaà Port-Louis. «Elle m’a déclaré que ma nièce était partie rencontrer so pwinter»ajoute-t-il.
Furieux et confus, il dit ne pas comprendre comment une adolescente vivant dans un foyer a pu avoir un petit ami. «Lorla tifi la dir ki enn zom marye, ek papa sipa combien zenfansa ! Pa kone ki vre», siffle-t-il.
«Elle a toujours aimé son bébé»
S’affalant soudainement sur une chaise, le quadragénaire peine à dissimuler ses yeux larmoyants. «Linn touy so mama, aster li pou fini mamou ek nani si», soupire-t-il. En fait, la mère de Rukhmina était décédée il y a environ sept ans, en faisant une chute. «Ma nièce lui implorait son pardon.On ne comprenait pas. On a appris, plus tard, que ma sœur l’avait surprise dans le lit avec son père. Elle a eu un choc et elle est tombée», confie-t-il.
En fermant ses yeux, l’oncle dit encore se souvenir du jour où la famille a découvert ce qui se tramait. «La police était venue arrêterle père de Rukhmina dans une affaire de drogue. Il avait alors remis Rs 5 000 à un neveu en lui disant de faire le nécessaire pour que Rukhmina se fasse avorter», confie-t-il.
La jeune fille, enceinte de six mois déjà, devait raconter plusieurs mensonges quant au père de son bébé. Mais interrogée par des responsables de la Child Development Unit, elle devait finir par raconter ce que lui faisait subir son père toxicomane.
«Elle a toujours aimé son bébé malgré tout. Plusieurs personnes avaient voulu l’adopter mais personne dans la famille n’a accepté», fait-ilressortir. Même si c’est le père de Rukhmina qui a officiellement déclaré l’enfant, l’oncle indique que la famille ne l’a jamais laissé s’approcher de lui. Ayant écopé d’une peine d’emprisonnement de six ans, le père incestueux devrait retrouverla liberté dans trois ans.
(*) prénom modifié
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