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Incertitudes face à la volatilité du prix du baril
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Incertitudes face à la volatilité du prix du baril
«Le maître-mot dans les perspectives énergétiques, c?est l?incertitude», affirme Manoj Ujoodha, Chief Executive Officer d?Air Mauritius. Il exprime par là les difficultés quotidiennes auxquelles il est confronté ces derniers mois. Manoj Ujoodha fait partie des représentants de trois entreprises productrice, distributrice et consommatrice d?énergie qui ont exprimé leurs inquiétudes lors d?une séance d?échange organisée mercredi dernier sur le thème «Energy outlook» par l?organisation d?entrepreneurs The Indus Entrepreneurs (TIE) Mauritius au Port-Louis City Club et animée par Tim Taylor.
Avec l?augmentation du prix du baril de pétrole, Air Mauritius a vu doubler ses charges en carburant ; ses coûts d?opération sont passés de 20 % à 40 %. Les outils permettant de gérer la volatilité du prix du carburant sont essentiellement, au niveau d?Air Mauritius, la couverture du risque et la surcharge carburant.
Le Central Electricity Board (CEB) qui consomme en moyenne 40 % de fuel pour produire l?électricité n?a, lui, pas à sa disposition un mécanisme comme la surcharge carburant pour gérer la hausse du prix du pétrole. Il est parfois tenu de soutenir les hausses de prix du fuel et de ses autres matières premières telles que le charbon consommé à 40 % et la bagasse à 20 %. Cette industrie vend l?énergie électrique à un prix unitaire moyen de Rs 3,80 plus bas que son coût de production. «Aujourd?hui, en matière de fourniture électrique, le secteur de la commercialisation subventionne le secteur industriel et, dans une très moindre mesure, les abonnés résidentiels», constate Krishnanand Guptar, directeur général du CEB. Le secteur de l?EPZ, qui constitue le plus gros consommateur du CEB, achète l?électricité à un prix unitaire moyen d?environ Rs 2,50 alors que les abonnés résidentiels achètent ce même produit à Rs 3,80 en moyenne et les autres entreprises industrielles, à environ Rs 3,60 en moyenne.
«Je pense que ce tarif a besoin d?être revu pour lui faire refléter le coût de revient de l?électricité. Nous allons laisser le soin aux responsables gouvernementaux de prendre la décision appropriée», lâche Krishnanand Guptar.
Pour répondre efficacement aux sollicitations des abonnés, le CEB devra, selon son directeur, investir considérablement dans toutes ses infrastructures, de production, de transmission et de distribution, chose que ne lui permettent pas les coûts actuels de distribution de l?énergie.
Jacques d?Unienville, directeur général de la Société usinière du Sud (SUDS), souhaite, quant à lui, que les initiatives de production des énergies propres ne soient pas abandonnées pour la consommation des énergies fossiles, maintenant que le prix du baril de pétrole a connu une baisse de plus de 60 % après son niveau record de 147 $ US en juillet dernier. «A l?île Maurice, nous pouvons utiliser la bagasse, pour produire de la bonne énergie, l?éolienne, avec des turbines démontables en cas d?aléas cycloniques et l?éthanol», conseille Jacques d?Unienville. Contrairement au prix du baril qui est très volatile, les énergies renouvelables ont l?avantage d?avoir des coûts stables sur le long terme.
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