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Incendie meurtrier à Roche-Bois : père et bébé dans un état critique
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Incendie meurtrier à Roche-Bois : père et bébé dans un état critique
C?est la désolation à Roche-Bois. Hier après-midi, à la route Abattoir, l?odeur âcre du bois calciné flotte toujours dans l?air. Tout n?est que charbon et tôle froissée? Sur les débris calcinés sont disposés deux bouquets de fleurs. Ils indiquent l?endroit où ont été découverts les cadavres des petites victimes du sinistre.
Deux frères, Julien et Julio (deux et trois ans respectivement) ont péri dans les flammes qui ont complètement ravagé, dans la nuit de vendredi à samedi, la maison sous tôle dans laquelle ils vivaient. Le petit Juliano, âgé seulement de six mois, ainsi que leur père, Emmanuel Sonahi, 25 ans, ont échappé à l?incendie. Ils ont toutefois été hospitalisés à Candos où leur état inspire de vives inquiétudes.
Bruno Léopold, un voisin raconte. Il est 23 h 50, ce 24 octobre. Toute la maisonnée est plongée dans un profond sommeil. Dans les maisons alentour, des voisins regardent la télé. Un cri déchire le silence : ?Difé ! Difé ! Au secours !? Les voisins, sortent aussitôt de leurs habitations situées à l?arrière de la case en tôle des Sonahi.
?J?ai vu Emmanuel à l?extérieur. Touché par les flammes, il tenait son bébé dans les bras, raconte Bruno Léopold. Sa compagne Micheline Moutou était à ses côtés. Les Carré, beaux-parents d?Emmanuel, étaient déjà dans la ruelle.?
Les voisins s?organisent pour lutter contre le feu. Mais en vain. L?eau a cessé de couler la veille. Les robinets sont à sec. Les habitants déplorent le retard des pompiers. Ce que ces derniers réfutent vivement : ?Nous avons été avertis en retard.? Une source maintient que ce n?est qu?à 00 h 30 que les soldats du feu ont été informés de l?incendie par l?Information Room de la police. Il leur a fallu moins de cinq minutes aux pompiers de la station de Port-Louis pour être à pied d??uvre.
Sur les lieux, c?est la consternation. Ils apprennent que deux petits sont prisonniers des flammes à l?intérieur de la bicoque. Pendant que certains pompiers tentent de circonscrire le feu, d?autres cherchent les enfants. Ce n?est que vers 01 h 10 que les pauvres victimes sont découvertes, carbonisées, enlacées l?une à l?autre.
Aux petits soins</B>
Alors que les pompiers combattent le feu, les voisins ne sont pas en reste. Ils sont aux petits soins envers les Sonahi. Ainsi, voyant le bébé, tête nue dans la fraîcheur de la nuit, Belinda Ribet remet une serviette à Emmanuel. Le père, gravement brûlé, ne pense qu?à ses deux autres fils restés à l?intérieur.
Il sollicite vainement l?aide de ses voisins pour les sauver des flammes. Ces derniers, à la vue de la fournaise, reculeront. Certains n?hésitent pas à lui faire des reproches : ?To fine sorti dépi lacaze là ! To pas ti capave prend sa deux zenfants là oussi ??
Tout le monde rechignera? jusqu?à la découverte macabre des pompiers.
Il n?y a pas que les pompiers qui sont montrés du doigt par les habitants de l?endroit. Ces derniers maintiennent que le Samu a été très en retard à porter secours. ?Deux heures après?, selon Bruno Léopold. ?Le préposé au téléphone nous a demandé de laisser un message.? En fin de compte, ce sont les policiers qui emmèneront le père et le bébé à l?hôpital Victoria, à l?unité des soins pour grands brûlés.
Emmanuel Sonahi et sa famille sont considérés comme des gens ?tranquilles?. ?Emmanuel vit de petits boulots pour subvenir aux besoins de sa famille, indique Bruno Léopold. Micheline restait à la maison pour s?occuper des enfants.?
Le couple louait la petite bicoque depuis avril. Emmanuel et Micheline entretenaient de bonnes relations avec leur voisinage. Quand ils leur manquaient de l?eau, ils sollicitaient l?aide de leur entourage. Ne disposant pas de fourniture électrique, les Sonahi s?éclairaient à la lueur des bougies.
Sont-ce ces mêmes bougies qui ont causé l?incendie ? Les pompiers ne le savent pas encore et n?excluent pas cette hypothèse.
Samedi, Micheline Moutou, 22 ans, a été longuement interrogée par la police. Elle se refuse à évoquer la chronologie des événements et demeure stoïque. ?Elle a besoin de repos?? affirme l?une de ses proches.
C?est dans l?après-midi qu?ont eu lieu les funérailles des deux enfants au cimetière de Roche-Bois. La grand-mère, Ivy Carré, également touchée par les flammes, a été admise à l?hôpital Jeetoo, Port-Louis. Hier après-midi, Emmanuel Sonahi et son fils se trouvaient toujours à l?unité des soins intensifs. Leur état suscite des inquiétudes.
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