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Inauguration du nouveau musée de Yad Vashem
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Inauguration du nouveau musée de Yad Vashem
Des chefs d?Etat et de gouvernement du monde entier ont inauguré mardi le nouveau musée israélien de l?Holocauste, au coeur du mémorial Yad Vashem de Jérusalem, en mémoire aux six millions de juifs exterminés par les Nazis durant la Seconde Guerre mondiale. ?L?Holocauste n?est pas seulement une expérience juive. C?est un événement très important pour le monde entier?, a déclaré le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan. ?Nous avons tous tiré les leçons de (la Shoah)?, a assuré Annan, présent sur la colline du souvenir à Jérusalem, aux côtés d?une quarantaine de responsables internationaux et de dignitaires religieux.
Ariel Sharon a estimé que l?Etat d?Israël constituait le seul endroit au monde où les Juifs avaient ?le droit et le pouvoir? de se défendre contre leurs ennemis. ?C?est la seule garantie que le peuple juif ne connaitra pas un autre Holocauste. Il s?agit pour nous d?un engagement historique envers le peuple juif?, a ajouté le Premier ministre israélien, né en 1928 en Palestine, alors sous mandat britannique.
<B>L?horreur passée</B>
Le Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, le ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer et le président polonais Aleksander Kwasniewski faisaient partie de l?impressionnante délégation étrangère venue saluer la création de l?architecte israélo-canadien Moshe Safdie.
Estimé à 56 millions de dollars, ce projet, qui aura nécessité dix ans de travaux, a été financé par l?Etat d?Israël et la diaspora juive du monde entier. Pour que l?Holocauste ne devienne pas un événement abstrait, la direction du musée a joué la carte de la personnalisation lors de la construction du nouveau mémorial, qui s?étend sur 4.200 m ?, presqu?entièrement souterrains.
Les parcours des victimes mais aussi de leurs bourreaux y sont racontés par le biais d?objets personnels, d?extraits de journaux intimes, de photographies de familles et de témoignages enregistrés sur vidéos. ?Nous avons donné aux victimes une identité. Nous leur avons donné une voix. Nous leur avons donné un visage?, explique Yehudit Inbar, la conservatrice du nouveau musée.
?Nous avons fait la même chose pour les Nazis (...). Nous montrons qui ils sont, qu?il ne s?agissait pas de monstres mais de personnes qui ont fait des choses monstrueuses.? L?idée de rassembler et de tisser des histoires personnelles pour raconter celle de l?Holocauste lui est venue après la visite d?une survivante polonaise.
Après l?avoir conservée pendant plus de cinquante ans, Tula Wallach, déportée à Auschwitz avec sa mère, Bluma, a confié à Yehudit Inbar une paire de lunettes que sa mère lui avait donnée juste avant d?être gazée. ?Aujourd?hui, leur vraie place est ici?, a-t-elle expliqué à la conservatrice. Dans le nouveau musée, la fragile monture dorée côtoie la mèche de cheveux d?une fillette disparue dans les chambres à gaz et une poupée qui fut le seul réconfort de Yaël Rosner, perdue dans le ghetto de Varsovie, dont une rue pavée a été reconstituée. La philosophie de Yad Vashem ? ?un phare contre l?horreur passée, une lueur d?espoir pour l?avenir? ? se retrouve dans la Salle des noms, aujourd?hui partie intégrante du musée aux imposants murs de béton brut. Cettes salle circulaire laisse entrer la lumière du jour. Deux cônes ? dirigés l?un vers le ciel, l?autre vers la terre ? portent les noms de trois millions de victimes et les photos de 600 d?entre elles se reflétant dans un bassin. ?Les fondateurs de Yad Vashem étaient des rescapés de l?Holocauste. Ils connaissaient leur histoire et n?avaient pas besoin de la raconter. Ils voulaient montrer ce qu?avaient fait les nazis?, explique la conservatrice.
Mais avec la disparition des derniers rescapés, la mission du mémorial est encore plus importante. ?Yad Vashem doit apprendre à fonctionner dans un monde sans survivants de l?Holocauste?, explique ainsi son directeur, Avner Shalev.
<B>Megan GOLDIN</B>
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