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Impossibles contacts

16 octobre 2004, 20:00

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Les possibilités de contact direct d?un détenu avec le monde extérieur sont réduites au strict minimum. Et quand la rencontre est inévitable, elle est régie par un système de contrôle élaboré.

Nous sommes à l?entrée de la prison de Beau-Bassin. Le visiteur venu rencontrer un détenu est prié de montrer son laissez-passer avant d?être conduit à un abri spécial où il patiente le temps que le pensionnaire soit averti de son arrivée. Le laissez-passer est une lettre délivrée par l?administration pénitentiaire.

Un coup de fil échangé avec la réception et la sentinelle fait signe de poursuivre. Le visiteur emprunte, seul, une allée qui le conduit au-delà du centre administratif du service pénitentiaire, de la boutique et des appartements d?officiers résidents sur place jusqu?à un deuxième abri pour visiteurs. La traversée dure une dizaine de minutes.

Un imposant grillage barre la route. Nouvelle réclamation du laissez-passer, puis une vérification auprès de la réception, à l?intérieur de la geôle, que le détenu est prêt pour la visite.

Le visiteur est soumis à une fouille, histoire de vérifier qu?il ne soit pas en train de faire entrer des objets interdits dans l?enceinte de la prison. Cette fouille est incontournable. En cas de doute, on procède à une fouille corporelle complète.

Le visiteur est ensuite autorisé à franchir la grille jusqu?à la salle de visite. C?est une entrée dédiée qui vient seulement d?être aménagée il y a trois semaines. Auparavant, les visiteurs passaient par l?entrée principale qu?empruntent également les détenus se rendant en cour de justice ou ailleurs.

Cette salle de visite n?est pas très différente de celles qu?on voit dans les productions hollywoodiennes. Les retrouvailles entre le détenu et le visiteur se font sans le moindre contact physique, sous l??il d?un officier. Un mur en verre les sépare. S?ils parlent assez fort, ils pourront s?entendre. Pour plus d?intimité, il est conseillé d?utiliser le téléphone.

Trois visiteurs une fois le mois

La visite dure en moyenne une demi-heure. Chaque détenu n?a droit qu?à trois visiteurs une fois le mois. Les seules choses qu?un visiteur peut remettre à son parent en détention sont des sous-vêtements, des mouchoirs et autres matériels de lecture. Pour tout autre objet, le détenu devra se faire « aplikan » (jargon de prison) et demander une permission spéciale. Seul un officier du rang d?assistant surintendant des prisons ou son supérieur, est autorisé à donner un tel feu vert. En général, un « aplikan » demande à pouvoir se procurer des livres et autres effets personnels.

Les détenus, aux prisons de Beau-Bassin, de Petit-Verger et de Grande-Rivière-Nord-Ouest, ont droit à une visite par mois. Les pensionnaires de la Richelieu Open Prison peuvent recevoir des visites une fois toutes les trois semaines.

Les détenus en attente d?être jugés ont droit à une visite par semaine de quinze minutes seulement. Le visiteur est autorisé à apporter des vêtements de rechange et des chaussures pour le détenu.

Les avocats sont libres de rencontrer leurs clients en détention à n?importe quel moment avant 18 heures. A une certaine période, lorsque la crise à l?intérieur des prisons avait atteint son apogée, même les avocats étaient soumis à des fouilles. Face à l?avalanche de protestations qui a suivi cette mesure, cette provision n?est désormais appliquée que si l?homme de loi en question fait l?objet de soupçons.

L?avocat reçoit son client dans les mêmes conditions que le visiteur ordinaire. Parfois, quand la salle dédiée aux auditions n?est pas libre ou quand l?avocat exige plus d?intimité avec son client, la rencontre a lieu dans la salle de conférence de la prison. Ici, il y a contact physique entre le détenu et son avocat mais sous le regard d?un officier.

Hommes d?église, livreurs?tous fouillés

En général, la police se tient loin des prisons. Elle ne s?y rend que lorsqu?elle est sollicitée pour y faire régner l?ordre. Cependant, ce sont des policiers qui escortent les détenus lorsqu?ils vont en cour. Le policier est alors autorisé à venir récupérer le prisonnier à la réception sur présentation d?un ordre de la cour. Avant d?être remis à la police, le détenu est fouillé. Il est de nouveau soumis à une fouille complète à son retour en présence de son escorte.

Il y a une autre catégorie de visiteurs. Ce sont les hommes d?église et les travailleurs sociaux qui aident la réinsertion du détenu. Ils sont autorisés à aller jusque dans les cellules des détenus. Ils sont eux aussi soumis au même contrôle. Les livreurs et autres services d?approvisionnement utilisent une entrée séparée afin qu?il n?y ait aucun contact avec les détenus.

En sus des contrôles physiques, l??il vigilant des caméras de surveillance suit le visiteur et le détenu où qu?ils se trouvent dans l?enceinte des prisons de haute sécurité. Trois institutions tombent sous cette catégorie : La Bastille, la prison centrale de Beau-Bassin et celle de Grande-Rivière-Nord-Ouest. La sécurité est relativement moins musclée à Petit-Verger et à Richelieu.

Deux officiers sont affectés aux consoles pour vérifier en permanence tout ce que les caméras voient. S?ils voient quoi que ce soit d?anormal, ils sont censés avertir le Prison Security Service, unité de gardiens chargée de faire régner l?ordre. Le cas échéant, c?est le directeur qui est avisé.

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