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Ils sont fous ces Gallois !
Le palmarès récent du Tournoi des Six-Nations parle de lui-même. Français et Anglais avaient gagné neuf des dix dernières éditions avec quatre Grands Chelems à la clef pour les premiers, deux pour les seconds.
Samedi, les Gallois ont conquis leur premier Grand Chelem depuis 1978, leur première Triple Couronne entre Britanniques depuis 1988, leur premier titre depuis 1994.
Il y a à peine deux ans, ils avaient hérité de la cuillère de bois qui sanctionne les cinq défaites. Avant le début de la saison, ils n?avaient gagné que huit des 25 rencontres jouées depuis que les Cinq Nations sont devenues Six en l?an 2000.
Cette année pourtant, ils ont tout balayé par un jeu allègre et audacieux impulsé par les stars naissantes de leur ligne d?attaque, le centre Gavin Henson et l?ailier Shane Williams, secondées par l?ouvreur Stephen Jones et le centre Tom Shanklin.
C?est pourtant leur défense qui leur a permis de mater l?Angleterre 11-9 lors de leur premier match mais, ensuite, ils sont allés de l?avant pour finir avec une différence de points de +74.
Favoris d?avant compétition, les Irlandais avaient perdu le dernier match bien avant que deux essais ne leur permettent de sauver la face. Ils se voyaient peut-être trop beaux et avaient peut-être trop cru que 2005 serait l?année de l?Irlande.
L?Angleterre, championne du monde, a été réduite à ramasser les miettes d?une victoire sur l?Italie et d?une Calcutta Cup conquise à des Écossais en perdition et voués aux défaites à répétition comme les Italiens.
Seule la France, en fin de compte, a résisté. Bernard Laporte, son entraîneur, n?en finit plus de maudire les sept premières minutes de la deuxième mi-temps, qui ont coûté deux essais et une défaite 24-18 face aux Gallois au Stade de France.
<B>Évolution, pas révolution</B>
Laporte a eu l?élégance de reconnaître la suprématie du Pays de Galles. ?Les Gallois ont fait ce qu?il fallait pour gagner. Bravo à eux?, a-t-il dit. Comment expliquer donc le renouveau des Diables Rouges ? Un nom vient immédiatement à l?esprit, celui de l?entraîneur Mike Ruddock.
Dans un pays toujours prêt à statufier vivants les héros de son sport national, Ruddock, vrai fils des vallées minières, reconnaît pourtant que le Grand Chelem 2005 est le fruit d?une ?évolution et pas d?une révolution?.
Il est le premier à rendre hommage à ses deux prédécesseurs néo-zélandais, Mike Hansen et Graham Henry, et à reconnaître que le système mis en place par la Fédération galloise pour enrayer une décadence qui paraissait inexorable l?a beaucoup aidé.
En quelques années, les clubs gallois, écrasés par leurs riches voisins anglais, ont été regroupés et professionnalisés. Les joueurs sont préservés, entourés par des techniciens dans tous les secteurs du jeu et de la préparation.
La Fédération galloise fait tout pour qu?ils restent dans la principauté, jouent dans la peu exigeante Ligue Celte et non en Angleterre afin de ne se consacrer qu?à deux niveaux de compétition, la Coupe d?Europe et les matches internationaux.
Les responsables de la préparation du XV de France pour la Coupe du monde 2007 auraient peut-être quelques enseignements à tirer du renouveau gallois.
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