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Ils ont dit
Josian Chelin, directeur de Cernol
Josian Chelin, directeur de Cernol, se félicite de l?initiative de l?Association des manufacturiers mauriciens. « Cette campagne qui démarre est une bonne chose. Avec les accords de la SADC et les autres menaces qui pèsent sur les entreprises, ça risque de devenir de plus en plus difficile de tenir la route. » Il affiche néanmoins un certain optimisme en ce qui concerne les produits Cernol. Ces produits occupent une bonne part du marché local. « C?est peut-être dû au fait qu?à Maurice, le facteur prix pèse beaucoup dans la balance », explique-t-il.
Est-ce que le fait d?avoir le label ISO 9 000 est un plus pour une entreprise ? « C?est certes une garantie de qualité d?un produit et un plus pour l?exportation, mais je ne crois pas le consommateur se base dessus pour acheter un produit », soutient Josian Chelin. Il explique que l?année dernière, Cernol avait tenté de présenter certains de ses produits dans des emballages aux normes internationales? sans grand succès. « Ce n?est pas ce qui intéresse le client. Le plus important, c?est le prix. C?est vrai qu?il y a une élite qui peut se permettre d?acheter des produits importés qui sont plus chers, mais nous arrivons à leur faire concurrence. »
Le souci de Cernol demeure néanmoins de faire face à des détergents qui proviennent d?Égypte et qui sont souvent vendus à des prix imbattables. Il y a aussi la crainte que si les grandes marques étrangères sont vendues moins chères, cela risque d?affecter nos produits. « À Maurice les frais ne cessent d?augmenter, on n?a pas de ressource locale, il y a l?inflation? On a des talents mais on est limité par le marché. »
Le directeur de Cernol pense que si on est envahi par des produits étrangers qui se vendent à bas prix, il faudra alors un re-engineering, et que les entrepreneurs devront importer des produits et les revendre en gros. La campagne « Acheter Mauricien » peut donc, selon lui, sensibiliser les consommateurs et faire qu?indirectement, les petites usines n?aient pas à fermer leurs portes.
Aline Wong, créatrice de la griffe Lin
« Je suis définitivement pour tout mouvement qui amène à reconnaître la créativité mauricienne. Je trouve qu?il n?y a pas assez de sensibilisation sur la capacité et l?effort du Mauricien. Aujourd?hui, il y a des taxes sur les produits importés, le marché local est donc favorisé », affirme Aline Wong, directrice de la griffe Lin. En 2005 avec la Comesa, la SADC, les taux préférentiels, les produits mauriciens et étrangers risquent d?être au même prix. « L?entrepreneur mauricien sera ainsi confronté à une plus forte concurrence.
Il faut créer une synergie car le produit mauricien est aussi de qualité. S?il n?y a pas cette émergence, que va devenir le designer qui termine ses études ? Que lui réserve l?avenir si l?environnement n?est pas favorable à l?épanouissement des entreprises ? » Elle est convaincue que ce sont les initiatives de tout un chacun à différents niveaux qui feront bouger les choses et garderont nos entreprises florissantes.
Daniel de Robillard, les griffes FFW et Équateur
Il faut absolument encourager à acheter mauricien, à condition que le produit ait une identité mauricienne et un rapport qualité/prix raisonnable. Dans le secteur du textile-habillement, la situation prête à confusion. Le marché est envahi par des contrefaçons fabriquées à Maurice et qui sont vendues dans les magasins et dans les foires. Ces vêtements ne peuvent pas être considérés comme des « produits mauriciens », car ils utilisent sans scrupule les noms et l?image de marques étrangères. Tant que cette pratique sera tolérée, les marques mauriciennes ne pourront pas se développer et progresser.
En fait, l?identité mauricienne se trouve actuellement dans l?alimentation, dholl puri, condiments et autres recettes. Il faudrait faire en sorte que ces produits soient vendus dans un environnement plus hygiénique. Ces gourmandises locales deviendraient encore plus populaires auprès des touristes.
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